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Les syndicats de surveillants refusent de lever les barrages

Mécontents des propositions du ministère de la Justice, les surveillants de prison poursuivent le blocage des établissements pénitentiaires français. Une consultation de tous les personnels doit être organisée ce mercredi.

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AFP - Les syndicats de surveillants pénitentiaires ont décidé mardi soir de maintenir le blocage des prisons entamé lundi, mécontents des propositions du ministère de la Justice qui devaient être soumises mercredi aux personnels sur le terrain.

Ce deuxième jour de conflit a donné lieu à des interventions "musclées" des forces de l'ordre qui ont alourdi le climat des négociations pour améliorer les conditions de travail des surveillants, des discussions qui ont duré toute la journée jusqu'à près de 21H00.

"On est mitigé, satisfaits non, nous avons un relevé de conclusions, nous allons le transmettre aux personnels et c'est eux qui vont se prononcer dès demain" mercredi, a affirmé à la sortie Christophe Marquès, de FO-pénitentiaire, qui avec l'Ufap-Unsa et la CGT forme l'entente syndicale à l'origine du mouvement.

Le document soumis à l'aval des personnels prévoit notamment de renforcer les surveillances de nuit dans les plus petits établissements, de revoir les modalités des "surveillances spéciales" de détenus potentiellement suicidaires, ou encore la création d'un bureau d'aide sociale au 1er juillet.

"C'est insuffisant, en terme d'emplois il n'y a rien!", a protesté Céline Verzeletti, de la CGT.

"Ils n'ont pas l'air d'entendre les personnels, ils sont frileux", a ajouté Jean-François Forget (Ufap).

Le ministère attend des réponses pour mercredi 11H00, a précisé le porte-parole de Mme Dati, Guillaume Didier, un "ultimatum" rejeté par les syndicats. "Ca n'est pas la Place Vendôme qui fixe l'heure, nous viendrons quand l'ensemble des personnels aura été consulté", a lancé M. Marquès.

"Ca sera sur les barricades que les personnels décideront, l'action est d'ores et déjà maintenue pour demain" mercredi, a prévenu M. Forget.

Le blocage "progressif" des prisons, qui a concerné depuis lundi les transferts et extractions des détenus, doit être étendu à l'accès des intervenants extérieurs (avocats, éducateurs, visiteurs).

Rachida Dati, qui s'est jointe pendant une heure aux discussions à la Chancellerie, a affirmé dans l'après-midi à l'Assemblée que des "avancées majeures" avaient été proposées.

Le ministre du Budget Eric Woerth a exclu toute nouvelle augmentation des crédits de l'Administration pénitentiaire.

Les syndicats ont insisté pourtant sur la nécessité d'effectifs supplémentaires "car on ne peut plus continuer à subir plus de 10.000 détenus en trop dans les prisons françaises", a expliqué Christophe Marquès. Ils réclament aussi un "accompagnement" social des 24.300 surveillants, en proie à "un ras-le-bol général" et dont dix ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier.

Mardi matin, les leaders syndicaux étaient arrivés très remontés à la table des négociations.

Alors qu'en région les accès des prisons ont été dégagés sans heurts, ils ont dénoncé des interventions "musclées" en région parisienne. Les forces de l'ordre ont usé parfois de gaz lacrymogènes et de matraques à Fresnes (Val-de-Marne), Bois-d'Arcy (Yvelines), à la Santé à Paris ou à Fleury-Mérogis (Essonne), où des surveillants étaient réunis mardi soir pour une nouvelle action de blocage.

Les gendarmes mobiles ont délogé mardi soir 400 à 500 surveillants, protestant contre leurs conditions de travail, qui bloquaient depuis plusieurs heures les abords de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vers 23H15, les forces de l'ordre, déployées environ deux heures plus tôt, sont parvenues à dégager les accès à la prison, bloqués depuis le début de soirée, par cinq barricades qui ont été successivement enflammées.

"Il est scandaleux que le gouvernement traite le conflit de cette manière", a fulminé Céline Verzeletti dans une allusion aux charges de CRS.
 

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