GRIPPE A (H1N1)

La vie reprend progressivement à Mexico

Restaurants, discothèques et autres lieux de divertissements ont rouvert leurs portes à Mexico. Mais les consignes restent strictes : les serveurs doivent obligatoirement porter un masque et les tables être distantes d'au moins deux mètres.

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AFP - Après plus d'une semaine de psychose, les affaires ont repris mercredi au Mexique, où les restaurants et les commerces ont rouvert, malgré un bilan de la grippe porcine en hausse avec 42 morts.

Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a tempéré l'optimisme ambiant en annonçant treize nouveaux décès, dont plusieurs survenus récemment, et un millier de malades.

"Le pic de l'épidémie se situe entre le 25 et 26 avril, avec sept morts", a déclaré le ministre, précisant que la majorité des victimes avaient entre 20 et 39 ans.

Deux malades sont décédés mardi et trois entre le 1er et le 3 mai, un fait préoccupant alors que les autorités assurent que l'épidémie est sous contrôle. M. Cordova avait toutefois prévenu qu'il restait encore à analyser une quarantaine de décès "suspects".

Le décompte s'établit à 1.070 cas d'infection au Mexique, épicentre mondial du virus A (H1N1) qui s'est propagé à plus d'une vingtaine de pays.

L'aggravation du bilan n'a pas dissuadé la population de Mexico de retourner dans les restaurants, qui étaient fermés depuis le 28 avril, ainsi que dans les bureaux.

"C'est merveilleux. J'avais l'habitude de venir chaque jour prendre mon petit déjeuner et d'un coup Mexico s'était transformée en ville fantôme", raconte à l'AFP Elisabet Flores, une thérapeute de 50 ans, attablée à une terrasse du quartier branché de la Condesa.

Mégapole de 20 millions d'habitants, qui concentre la majorité des victimes, la capitale a retrouvé peu à peu son rythme trépidant et ses embouteillages infernaux.

Le maire Marcelo Ebrard a donné l'exemple en faisant la tournée des stations de métro ou posant tout sourire devant les photographes au volant d'un autobus.

"Il ne fait pas de doute que nos efforts ont permis d'éviter que l'épidémie ne connaisse une croissance exponentielle", a affirmé M. Ebrard, tout en appelant à conserver les "mesures de précaution".

Un grand nettoyage se poursuit pour tous les établissements scolaires du pays, qui rouvriront progressivement avec les musées à partir de jeudi. Ce même jour, les Mexicains pourront aussi profiter à nouveau des cinémas, théâtres, bars et discothèques de la capitale.

Dans les 35.000 restaurants de Mexico, où le port du masque est obligatoire pour les serveurs, les consignes demeurent strictes: tables séparées d'au moins deux mètres et pas plus de quatre clients dans un espace de 10 mètres carrés.

La fermeture des commerces, depuis le 28 avril, a occasionné un manque à gagner quotidien de 100 millions de dollars pour le secteur hôtelier de Mexico, mettant en péril 450.000 emplois.

Les sites archéologiques, dont les célèbres pyramides précolombiennes de Teotihuacan près de Mexico et la cité maya de Chichen Itza sur la péninsule atlantique du Yucatan, ont aussi rouvert mercredi.

Le tourisme constitue la troisième source de devises pour le Mexique, qui reçoit entre 22 et 23 millions de visiteurs étrangers par an.

La fréquentation s'est effondrée à 10% dans la capitale et l'affluence sur les plages est clairsemée, à l'image de celles du Yucatan avec plus de 70% d'annulations.

Le gouvernement estime les pertes à 2,3 milliards de dollars, soit 0,3% de la richesse nationale.

Le président Felipe Calderon a dénoncé les "mesures discriminatoires" comme la suspension des vols ou des importations de viande porcine en provenance du Mexique.

Geste symbolique, il a envoyé son épouse à l'aéroport pour accueillir à l'aube les 136 Mexicains rapatriés de Chine. Certains se sont plaints du "traitement humiliant" des autorités de Pékin.

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