TCHAD

L'ONU condamne les incursions de rebelles en provenance de l'étranger

L'ONU a condamné l'offensive menée par des insurgés "venus de l'extérieur" contre le gouvernement tchadien. Sans toutefois désigner nommément le Soudan, que certains pays pensent être derrière l'attaque des rebelles.

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AFP - Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné à l'unanimité vendredi l'offensive militaire en cours dans l'est du Tchad par des rebelles tchadiens "venus de l'extérieur", expression qui désigne le Soudan.

Le Conseil a adopté une déclaration rédigée par la France, dans laquelle il "condamne les nouvelles incursions militaires dans l'est du Tchad par des groupes armés tchadiens, venus de l'extérieur". La déclaration a été lue en séance par le président du Conseil en mai, l'ambassadeur de Russie Vitaly Tchourkine.

La mention "venus de l'extérieur" désigne le Soudan mais certains Etats membres n'ont pas souhaité que la déclaration le nomme explicitement, ont indiqué des diplomates.

La déclaration affirme également la préoccupation du Conseil concernant "le soutien extérieur reçu par les groupes armés tchadiens".

Le Conseil souligne que "toute tentative de déstabiliser le Tchad par la force est inacceptable (...) Il exige que les groupes armés rebelles cessent immédiatement la violence et appelle toutes les parties à reprendre le dialogue" dans le cadre d'un accord de paix signé à Syrte (Libye) en octobre 2007.

De violents combats entre rebelles tchadiens venus du Soudan et forces gouvernementales ont fait près de 250 morts jeudi et vendredi dans l'est du Tchad. L'offensive menée par l'Union des forces de la résistance (UFR), une alliance de neuf factions rebelles, a été largement condamnées à l'étranger, notamment par l'Union africaine (UA).

Une précédente coalition de rebelles était entrée dans N'Djamena en février 2008, manquant de peu de renverser le président Idriss Deby Itno.

Le Conseil de sécurité s'est réuni à la requête du Tchad. Les 15 membres ont d'abord entendu un compte-rendu de situation par un haut responsable du département de maintien de la paix de l'ONU, Dmitry Titov.

Il a affirmé que trois colonnes de rebelles avaient été observées début mai du côté soudanais de la frontière, avant que deux d'entre elles passent dans l'est du Tchad et commencent l'offensive, la troisième restant côté soudanais près d'El Geneina (Darfour, ouest).

Le Tchad et le Soudan ont ensuite échangé des accusations. L'ambassadeur tchadien, Ahmad Allam-mi, a accusé Khartoum d'"agression", visant à renverser le gouvernement de N'Djamena quelques jours seulement après que les deux voisins ont signé un nouvel accord de réconciliation à Doha.

M. Allam-mi a appelé le Conseil de sécurité à condamner ouvertement le régime soudanais pour "ses attaques répétées" contre le Tchad.

Son homologue soudanais, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a ironisé sur ce qu'il a appelé des "larmes de crocodile", accusant le Tchad d'avoir soutenu une attaque du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un groupe rebelle du Darfour, contre les faubourgs de Khartoum en mai 2008.

M. Mohamad s'en est également pris à la France, ancienne puissance coloniale et alliée traditionnelle du Tchad, affirmant que la demande écrite de réunion envoyée par le Tchad au Conseil de sécurité avait en fait été rédigée par la France. "Nous le savons très bien, ce sont les Français qui l'ont écrite", a-t-il dit.

L'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, a rejeté cette accusation, estimant qu'elle constituait "une insulte pour le gouvernement tchadien".

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