NOUVELLE-CALÉDONIE

Les indépendantistes calédoniens gagnent du terrain

Les indépendantistes ont remporté cinq sièges à l'issue des élections provinciales. Le camp opposé reste cependant majoritaire dans la collectivité française. Un référendum sur l'indépendance doit avoir lieu entre 2014 et 2018.

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AFP - La droite non-indépendantiste reste majoritaire en Nouvelle-Calédonie mais les indépendantistes progressent à l'issue des élections provinciales de dimanche, selon les résultats communiqués par le Haut-commissariat de la République.

Partie en rangs dispersés, la droite obtient 31 sièges sur 54 au Congrès tandis que les différentes formations indépendantistes remportent 23 sièges, contre 18 lors de la précédente mandature.

Cette progression est significative mais relative car ce scrutin marque un retour à l'équilibre du mandat 1999-2004.

Avec 13 sièges, le Rassemblement-UMP, écarté du pouvoir en 2004, devient le premier groupe du Congrès. Mais il ne fait que profiter des divisions de la majorité sortante de l'Avenir Ensemble.

Comparé à 2004, le RUMP est en recul tant en nombre de voix qu'en sièges. Compte tenu de sa victoire aux législatives de 2007, il ne réalise pas la performance que beaucoup d'observateurs prédisaient.

Bien que récemment créé, Calédonie Ensemble (droite modérée), dirigée par le président sortant de la province sud, Philippe Gomes, s'impose comme deuxième force politique à droite, avec 10 sièges.

En revanche, l'ancien allié de M. Gomes, le président du gouvernement Harold Martin a plus de mal à s'imposer en remportant 6 sièges.

Poids lourd du camp indépendantiste, le FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste) prend 19 sièges sur 23.

Nouveau venu, le Parti travailliste (indépendantiste), proche de l'extrême gauche et de José Bové, réussit son entrée sur la scène politique, avec 3 élus. Le Front National, en proie à des querelles internes, perd ses quatre sortants.

Les 54 membres du Congrès émanent des 76 conseillers des trois provinces. Dans les prochaines semaines, le Congrès élira à la proportionnelle le gouvernement collégial de ce territoire autonome.

Les jeux d'alliance sont très ouverts, notamment en raison des profondes divisions des partis de droite et la couleur politique du prochain président du gouvernement est difficile à anticiper.

Dans la province sud, qui concentre la population et l'activité économique, le RUMP arrive en tête avec 15 élus sur 40. Le président sortant, Philippe Gomes, résiste bien aux divisions de son camp avec 11 sièges, contre 8 à la liste d'Harold Martin. L'ancien homme fort du "Caillou", Jacques Lafleur, reparti au combat à 76 ans, parvient à loger deux élus.

Ce scrutin marque le retour des indépendantistes au sein de l'hémicycle du sud, dont ils avaient été écartés en 2004. La liste FLNKS de Roch Wamytan remporte 4 sièges. Le RUMP pourrait s'emparer de la présidence avec l'appui de l'Avenir Ensemble.

Dans le Nord, le président sortant, Paul Néaoutyine du Palika, avec 9 élus sur 22, est talonné par Gilbert Tuyienon, de l'Union calédonienne, qui décroche 8 sièges. Les deux formations appartiennent au FLNKS et M. Néaoutyine devrait conserver son fauteuil de président. Le parti Travailliste décroche trois élus. La droite est elle en recul.

Dans les îles Loyauté, la droite paie encore plus cher ses divisions puisque, pour la première fois depuis plus de 20 ans, elle n'y est plus représentée. Le président sortant Neko Hnépéune, de l'Union Calédonienne, devrait conserver son siège.

Cette mandature est cruciale car les élus devront préparer la sortie de l'accord de Nouméa, entre 2014 et 2018.

Un référendum d'autodétermination doit être organisé pendant cette période, mais une solution consensuelle, entre autonomie et souveraineté, pourrait être recherchée afin d'éviter un scrutin, potentiellement porteur de tensions.
 

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