ONU

Les États-Unis élus au Conseil des droits de l'Homme

Les États-Unis ont été élus au sein de cette institution controversée que l'administration Bush boycottait depuis sa création en 2006. La Chine, Cuba et l'Arabie saoudite ont, de leur côté, été réélus.

Publicité

AFP - Les Etats-Unis ont été élus mardi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU que l'ancienne administration américaine avait boudé en l'accusant d'accueillir des Etats parmi les pires violateurs des libertés fondamentales et d'être anti-israélien.

La Chine, Cuba et l'Arabie saoudite ont d'autre part été réélus, lors d'un scrutin à l'Assemblée générale de l'ONU critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme comme n'étant pas assez compétitif.

Les Etats-Unis ont recueilli 167 voix sur 192, a annoncé le président par intérim de l'Assemblée, l'ambassadeur de Namibie Kaire Mbuende.

Leur élection à cet organe controversé basé à Genève, pour un mandat de trois ans renouvelable une fois, ne faisait aucun doute puisque dans le groupe des Etats occidentaux, trois candidats seulement étaient en lice pour trois sièges à pourvoir.

Les deux autres étaient la Belgique et la Norvège, qui ont donc été également élues.

Le scrutin, qui se déroule par zone géographique, a suscité une nouvelle fois la critique, du fait que seuls 20 pays étaient candidats pour 18 sièges à pourvoir.

En conséquence, les résultats dans deux autres groupes -- Asie et Amérique latine -- étaient également connus d'avance, dont les réélections inéluctables de Cuba, de la Chine et de l'Arabie saoudite, trois pays souvent montrés du doigt par les associations de défense des droits de l'homme.

Dans le groupe africain, les élus sont le Cameroun, Djibouti, l'île Maurice, le Nigeria et le Sénégal. Le Kenya n'a pas été élu.

Dans le groupe Asie, les élus sont: Arabie saoudite, Bangladesh, Chine, Jordanie et Kirghizstan.

Pour l'Europe de l'est, la Hongrie et la Russie sont élues, l'Azerbaïdjan est recalé.

Enfin pour l'Amérique latine-Caraïbes, Cuba, le Mexique et l'Uruguay sont élus.

L'administration américaine de Barack Obama a décidé fin mars de briguer un siège cette année au Conseil, expliquant vouloir s'efforcer de rendre cet organisme plus efficace dans la promotion et la protection des droits de l'homme.

Elle rompait ainsi avec l'administration de George W. Bush qui avait boycotté cet organe dès sa création en 2006, ses règles et procédures ne garantissant pas selon elle une défense efficace et sincère des droits de l'homme.

Depuis 2006, Washington a déploré les pratiques du nouveau Conseil, lui reprochant notamment de passer beaucoup de temps à critiquer Israël en négligeant des situations comme celles du Darfour, de la Birmanie ou du Zimbabwe.

"Nous sommes satisfaits du fort soutien que nous avons reçu", a déclaré à la presse l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice.

Bien que le Conseil soit "un organe défectueux", son gouvernement est décidé à travailler de l'intérieur avec d'autres pays, "pour améliorer et renforcer cet organe, afin qu'il agisse plus souvent de manière conforme à sa vocation", a-t-elle dit.

"Nous sommes contents que les Etats-Unis aient été élus au Conseil mais maintenant le vrai travail commence et l'expérience montrera s'ils investissent en coulisses le capital politique nécessaire pour l'améliorer", a déclaré à l'AFP Paula Schriefer, une responsable de Freedom House.

De son côté, Steve Crawshaw, directeur à Human Rights Watch, a critiqué le manque de compétitivité du scrutin. "Des élections sans compétition n'ont aucun sens", a-t-il dit, reprochant aux groupes Asie et Amérique latine d'avoir coopté les candidatures, permettant ainsi à la Chine, l'Arabie saoudite et Cuba d'être réélus.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine