SRI LANKA

Paris et Londres préoccupés par le sort des civils

Les chefs de la diplomatie française et britannique ont déploré, lundi, les difficultés d'accès au Sri Lanka pour l'ONU, qui, au lendemain de la mort de 100 enfants dans des bombardements, a dénoncé un "bain de sang".

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AFP - Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a déploré lundi à New York les difficultés d'accès au Sri Lanka pour les agences de l'ONU, peu après qu'un porte-parole de l'ONU eut évoqué un "bain de sang".

"Je crois très fermement que la situation des civils au nord-est du Sri Lanka mérite l'attention des Nations Unies à tous les niveaux", a déclaré M. Miliband aux journalistes dans les couloirs des Nations Unies.

"Le secrétaire général (Ban Ki-moon) a envoyé un représentant au Sri Lanka. Le manque d'accès à la région pour l'ONU et ses agences est une préoccupation majeure", a-t-il ajouté, peu après avoir évoqué cette question avec son homologue français Bernard Kouchner.

En marge d'un débat sur le Proche-Orient, MM. Miliband et Kouchner devaient présider plus tard dans la journée une réunion informelle sur la situation humanitaire dans l'île de l'Océan indien.

Au cours d'une visite au Sri Lanka le mois dernier, les deux ministres européens avaient demandé au gouvernement de permettre l'accès des organisations humanitaires aux zones de conflits avec les séparatistes tamouls.

Les autorités à Colombo estiment qu'au moins 20.000 civils sont bloqués dans la zone des combats, à laquelle les médias n'ont pas accès. L'ONU estime que le nombre de civils pourrait être plus élevé, jusqu'à 50.000.

Un porte-parole de l'ONU à Colombo a affirmé lundi que 100 enfants figuraient parmi des civils tués ce week-end lors de bombardements de l'armée contre les rebelles tamouls du Sri Lanka et a évoqué un "bain de sang", ce qui entraîné une vive protestation du gouvernement.

Le nombre de civils tués, "parmi lesquels 100 enfants, durant le week-end, démontre que le scénario du bain de sang est avéré", a affirmé à l'AFP ce porte-parole de l'ONU, Gordon Weiss.

Le gouvernement et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) se rejettent la responsabilité des décès de civils dans les combats qu'ils se livrent depuis des mois dans le nord-est du Sri Lanka.

Le secrétaire sri-lankais aux Affaires étrangères, Palitha Kohona, a annoncé que Colombo avait convoqué le représentant de l'ONU au Sri Lanka, Amin Awad, pour lui transmettre une protestation officielle.

M. Miliband a également déploré l'expulsion du Sri Lanka d'une équipe de la chaîne de télévision britannique Channel 4. "Nous avons besoin d'accès et de transparence sur la situation", a dit le ministre.

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