CINÉMA

Le Festival de Cannes s'ouvre en trois dimensions

"Là-haut", le film d'animation en "3D" plein d'humour et de légèreté du studio Pixar-Disney, fait l'ouverture de la 62e édition du Festival de Cannes, qui espère ne pas trop souffrir de la crise cette année.

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AFP - En plus du smoking ou de la robe de soirée, les lunettes sont de rigueur cette année sur la Croisette pour découvrir "Là-haut", un superbe film d'animation en relief signé par le studio Pixar-Disney, qui lance le 62e Festival de Cannes sur une note joyeuse et poétique.
 


Dans la soirée le chanteur Charles Aznavour, la voix française du personnage principal, devait monter les marches aux côtés des membres du jury présidé par l'actrice française Isabelle Huppert, dont les cinéastes James Gray et Nuri Bilge Ceylan et les actrices Robin Wright Penn, Sharmila Tagore ou Shu Qi.

Lauréat de la Palme d'or l'an dernier, le Français Laurent Cantet était là cette fois en simple amateur de cinéma.

Un dessin animé, une production Pixar, du cinéma en relief, mais aussi un film d'aventures, léger et drôle, avec une pointe de nostalgie, comme sait en produire l'inventif studio américain: cette ouverture a un goût d'inédit.

Fraîchement débarqué sur la Croisette avec les co-réalisateurs Bob Peterson et Pete Docter, John Lasseter, patron de la création chez Pixar ("Cars", "Toy Story", "1001 pattes"), a laissé éclater sa joie.

"Etre au Festival de Cannes, c'est l'une des choses les plus merveilleuses de toute ma carrière !", a déclaré ce génie de l'animation à la presse qui a découvert et chaleureusement accueilli le film, lors d'une projection matinale.

"C'est le festival le plus prestigieux du monde. Que ce soit un film d'animation qui ouvre le festival, c'est génial, là on est dans les nuages !", a lancé Lasseter qui arborait comme à son habitude, une chemisette hawaïenne à l'effigie des héros du film.

Après avoir souvent accueilli des productions Dreamworks, Cannes déroule donc le tapis rouge pour le 10e long métrage d'un studio concurrent lauréat de quatre Oscars - avec "Le monde de Nemo", plus gros succès de tous les temps pour un dessin animé, "Ratatouille" et "Wall-E" notamment.

Dévoilé en avant-première mondiale, hors compétition et projeté mercredi soir au public cannois du grand théâtre Lumière, "Là-haut", le premier dessin animé à lancer une édition cannoise, relate les cocasses aventures de Carl, un veuf bougon, perclus de rhumatismes.

Vendeur de ballons à la retraite, ce vieillard attache des milliers de globes multicolores à sa bicoque et s'envole à bord de celle-ci, mettant le cap sur l'Amérique du sud où lui et sa femme Ellie ont toujours rêvé d'aller.


Bientôt flanqué d'un passager clandestin, Russell, un boy scout grassouillet et candide, il tentera de sauver un gros oiseau, mi-dodo mi-autruche, des griffes d'un explorateur cynique, à la tête d'une meute de chiens parlants.

Eblouissante, la première moitié du film émeut en déroulant en accéléré la vie conjugale de Carl, autrefois un garçonnet espiègle, amoureux de l'intrépide camarade de jeux qui deviendra sa femme.

Ce ton de comédie à la Frank Capra se mêle bientôt à d'autres clins d'oeil au cinéma classique américain avec des séquences de suspense à la Hitchcock ou au cinéma de genre : film catastrophe, westerns, aventures à la Jules Verne...

Car ce film concocté pendant quatre ans, parsemé de gags mais aussi d'accès de nostalgie, est l'oeuvre de cinéphiles, à l'instar de toutes les productions Pixar.

Et si le relief ménage des effets saisissants lors de l'envol de la maison ou du voyage au-dessus des chutes d'eau - inspirées du plateau de Tepuis au Venezuela - les auteurs de "Là-haut" en ont fait un usage anti-spectaculaire, soulignant ici un élément du décor, là l'expression d'un visage.

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