IRAN

La journaliste irano-américaine Roxana Saberi a quitté Téhéran

Roxana Saberi a quitté l'Iran, vendredi, à bord d'un avion dont la destination est restée inconnue, selon un proche. La journaliste irano-américaine est sortie de prison lundi après avoir vu sa peine commuée par la justice iranienne.

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AFP - La journaliste irano-américaine Roxana Saberi, libérée de prison lundi, a quitté l'Iran, tôt vendredi matin, à bord d'un avion qui a décollé de l'aéroport de Téhéran pour une destination inconnue, selon un proche de sa famille.

Quelques minutes avant le décollage, Payam Mohepi, ami de la famille Saberi, avait indiqué à l'AFP que la jeune femme et ses parents s'apprêtaient à monter, en sa compagnie, à bord d'un appareil qui devait décoller à 04H40 locales (0OH10 GMT) de l'aéroport de Téhéran.

"Je dois à présent éteindre mon téléphone portable", a ensuite prévenu M. Mohepi alors que l'avion se préparait à décoller.

Il n'a pas précisé la destination de l'appareil à bord duquel ils ont embarqué. Peu après la libération de Roxana Saberi, son père, Reza Saberi, avait cependant indiqué que sa famille préparait son retour aux Etats-Unis.

Il n'existe aucun vol direct entre l'Iran et les Etats-Unis.

Selon M. Mohepi, Roxana "va bien et est très heureuse".

"Pour le moment, elle n'a pas encore prévu de revenir ou non en Iran", a-t-il ajouté.

La journaliste âgée de 32 ans a été libérée lundi à Téhéran après la réduction en appel à deux ans avec sursis de sa peine de huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis.

Arrêtée fin janvier, elle avait été condamnée le 13 avril par le tribunal révolutionnaire à huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis, à l'issue d'un procès à huis clos.

Ce verdict avait suscité des condamnations dans le monde et des appels à sa libération notamment du président américain.

Son procès en appel s'est tenu dimanche.

L'un de ses avocats, Me Saleh Nikbakhtde, a déclaré mercredi que les accusations d'espionnage avaient été portées à l'encontre de sa cliente après qu'elle eut obtenu un rapport secret de la présidence iranienne sur la guerre en Irak.

Selon son autre avocat, Me Abdolsamad Khoramshahi, Roxana Saberi a été condamnée en appel à deux ans de prison avec sursis parce qu'elle n'avait pas du tout utilisé ce rapport.

Le ministre des Renseignements a souligné mercredi que Mlle Saberi était coupable. "Le verdict montre qu'elle n'a pas été acquittée, elle a été jugée et il a été établi qu'elle a commis un délit", a déclaré Gholam Hossein Mohseni Ejeie, selon le site de la télévision d'Etat.

La journaliste est née et a été élevée aux Etats-Unis. De nationalité américaine, elle a aussi la citoyenneté iranienne par son père, émigré aux Etats-Unis.

Elle collaborait à plusieurs médias étrangers depuis Téhéran, où elle s'était installée en 2003, jusqu'au retrait de sa carte de presse par les autorités en 2006.

Mlle Saberi a été libérée lundi à Téhéran après que sa peine de huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis, délivrée après un premier procès le 13 avril, a été réduite en appel dimanche à deux ans avec sursis.

Roxana Saberi, 32 ans, avait été arrêtée fin janvier à Téhéran. Elle y résidait depuis 2003 et les autorités lui avaient retiré sa carte de presse en 2006.

Sa condamnation à huit ans pour espionnage a été dénoncé à travers le monde et avait suscité des appels à sa libération, notamment du président américain Barack Obama.

Son procès en appel s'est tenu dimanche. Le même jour, Me Khoramshahi avait déclaré que sa cliente avait été condamnée en première instance pour "coopération avec un Etat hostile" selon l'article 508 du code pénal.

Mais "le verdict du premier tribunal a été annulé avec l'argument que les Etats-Unis ne sont pas un Etat hostile envers l'Iran", a expliqué ensuite Me Nikbakht.

"Selon le droit et les traités internationaux auxquels l'Iran a souscrit, les nations hostiles sont celles en guerre ou ayant été en guerre et actuellement observant un cessez-le-feu sans avoir signé un traité de paix", a dit Me Nikbakht dans le journal réformateur Etemad Melli mercredi.

Il a expliqué que l'Iran avait approuvé cette définition en 2003 et annoncé qu'il n'était en état d'hostilité avec aucun pays, sauf l'Irak sous le régime de Saddam Hussein.

Roxana Saberi a dit à la presse mardi qu'elle n'avait pas de projet immédiat et qu'elle souhaitait seulement se "reposer" en famille. "Pour le moment je n'ai pas de projet, je veux être avec ma famille et me reposer".

Son père, Reza Saberi, s'est ensuite adressé à la presse en déclarant qu'ils se préparaient à retourner aux Etats-Unis: "nous nous y préparons. Elle veut se reposer un ou deux jours, mais nous ne savons pas combien de temps il nous faudra pour repartir".

M. Saberi a expliqué que sa fille n'avait "pas été torturée" en prison.

Barack Obama, s'est dit "soulagé" lundi par le geste "humanitaire" de l'Iran.
 

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