KOWEÏT - LÉGISLATIVES

Les premiers résultats attendus dimanche

Les Koweïtiens étaient appelés aux urnes ce samedi pour des élections législatives anticipées. 210 candidats, dont 16 femmes, sont en lice pour pourvoir les 50 sièges du Parlement, dissous en mars dernier.

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AFP - Les Koweïtiens ont voté samedi pour élire un Parlement, le deuxième en un an, avec l'espoir de voir leur pays sortir d'une crise politique chronique.

Les 94 bureaux de vote répartis sur cinq circonscriptions et séparés pour les hommes et pour les femmes ont fermé à 20H00 locales (17H00 GMT) après avoir ouvert douze heures plus tôt.

Les premiers résultats ne sont attendus que dimanche, le dépouillement se faisant manuellement.

Le taux de participation a été évalué à 38,27% par l'agence officielle Kuna à 16H00 (13H00 GMT) mais de nombreux électeurs ont voté dans les dernières heures du scrutin.

Quelque 385.000 Koweïtiens en age de voter, dont 54,3% de femmes, sur une population autochtone de 1,1 million de personnes, étaient appelés à élire 50 députés.

Les élections anticipées ont été convoquées après la dissolution en mars par l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, du Parlement pour la troisième fois depuis mai 2006, en raison de querelles à répétition entre des législateurs et le gouvernement.

Seize femmes figurent parmi les 210 candidats en lice après une campagne électorale axée sur les moyens de surmonter la crise et de remettre ce riche émirat pétrolier du Golfe sur la voie du développement.

Dans la circonscription de Jabriya, au sud de la capitale, des électrices ont exprimé leur inquiétude, tout en souhaitant que des femmes fassent pour la première fois leur entrée au Parlement.

"Il est frustrant et désolant de voir les crises politiques paralyser le pays pendant des années. C'est dommage que des questions marginales entravent le développement", a déclaré à l'AFP Nouha al-Awadhi.

Farida al-Baqsami, une autre électrice, a indiqué que si ce scrutin ne résolvait pas la crise, les Koweïtiens n'auraient "alors plus besoin de Parlement". "Tous les projets sont suspendus et des pays voisins comme les Emirats arabes unis et Oman nous ont largement devancés", a-t-elle déploré.

Toutes les deux ont dit avoir voté pour des femmes, se disant confiantes qu'au moins deux femmes seront élues.

Des sondages prédisent l'élection de députées après deux tentatives malheureuses en 2006 et 2008.

"La situation sera différente cette fois. Je m'attends à ce que quatre femmes soient élues", a déclaré aux journalistes la candidate libérale, Roula Dachti.

"L'avenir du Koweït est en jeu", a-t-elle averti.

Des analystes s'attendent aussi à ce que les islamistes perdent certains sièges.

L'ancien député Ahmad al-Saadoun, figure de proue de l'opposition, a fait état de l'interférence de personnalités influentes dans le scrutin, prédisant toutefois que "l'avenir sera meilleur".

"Jusqu'ici, nous n'avons enregistré aucune violation", a affirmé à l'AFP Samar al-Abdeljader, l'un des observateurs de la Kuwait Transparency Society, autorisée à surveiller le déroulement des élections pour lesquelles 8.000 policiers avaient été mobilisés.

Mais une nouvelle crise pourrait éclater rapidement, la prochaine Chambre étant appelée à étudier un plan de relance économique de plusieurs milliards de dollars mis en oeuvre par le gouvernement après la dissolution du Parlement.

Les députés, élus pour quatre ans, exercent un pouvoir législatif et de contrôle. Ils peuvent voter la défiance des ministres.

Le Koweït, qui détient 10% des réserves pétrolières mondiales et produit 2,2 millions de barils/jour, compte 3,44 millions d'habitants, dont 2,35 millions d'étrangers qui n'ont pas le droit de vote.

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