GÉOLOGIE

La richesse géologique de l'Arctique entièrement cartographiée

Le Canada vient de réaliser une cartographie complète des richesses pétrolières, gazières et minières de l'Arctique. Une première qui devrait aider à résoudre les conflits territoriaux dans une région aux ressources très convoitées.

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AFP - Le Canada vient de publier le premier atlas géologique complet de l'Arctique qui détaille les emplacements des gisements gaziers, pétroliers et des minerais précieux de cette région hautement convoitée.

 

Pour réaliser ces 1.222 cartes, dont une vue d'ensemble est disponible sur internet, la Commission géologique du Canada (CGC) a rassemblé des données recueillies pendant plusieurs années par le Canada, la Russie, les Etats-Unis, le Danemark, la Norvège, la Finlande et la Suède.

 

"Il s'agit du premier atlas complet des régions polaires situées au nord du 60e parallèle", a indiqué à l'AFP Marc St-Onge, de la CGC.

 

Selon lui, ces cartes devraient faciliter l'exploration minière, ainsi que participer à la résolution des différends territoriaux qui opposent plusieurs pays riverains du Grand Nord.

 

Pour mener à bien leur travail, les géologues canadiens ont réuni des relevés sous-marins pris par des brise-glaces à l'aide de sonars, des photos aériennes, des études sismiques et des recherches menées par des expéditions à ski ou en traîneau à chien.

 

Les cartes indiquent la composition des sous-sols et l'emplacement des plaques tectoniques, des lignes de faille ou encore des volcans sous-marins, dont la localisation est souvent synonyme de gisement de minerais précieux.

 

Jusqu'à présent, chaque pays riverain de l'Arctique publiait ses propres cartes géologiques de la région en utilisant des données et des systèmes de classification différents.

 

"Les cartes classiques des Russes montrent l'âge des roches, alors que la convention nord-américaine est de montrer leur composition, comme par exemple calcaire ou gréseuse", a souligné M. St-Onge.

 

Des inconnues perdurent cependant, notamment autour du Pôle Nord où la glace permanente freine l'étude des sous-sols.

 

L'atlas démontre que la dorsale de Lomonossov -- une chaîne de montagnes sous-marine qui passe sous le Pôle Nord et sur laquelle la Russie a planté l'année dernière un drapeau pour y signifier ses revendications territoriales -- fait partie du plateau continental nord-américain, affirme M. St-Onge.

 

"Elle faisait d'abord partie du plateau de la Mer de Béring, qui appartient en partie à la Russie, mais s'en est séparée il y a 61 millions d'années et s'est déplacée de 900 kilomètres", a-t-il précisé.

 

"Davantage d'études de cette zone sont nécessaires, évidemment, mais il semble qu'elle soit canadienne", a poursuivi le chercheur de la Commission géologique du Canada.

 

La fonte accélérée de la calotte glaciaire, attribuée au réchauffement climatique, a avivé les convoitises des cinq pays riverains de l'Arctique (Etats-Unis, Russie, Canada, Norvège et Danemark) qui se sont lancés dans une course pour revendiquer la souveraineté des fonds sous-marins auprès de l'ONU.

 

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 permet à un pays ayant une façade maritime d'étendre ses droits pour l'exploitation des ressources naturelles de 200 à 350 milles s'il peut prouver que cette extension constitue "la prolongation naturelle du plateau continental".

 

Et alors que des glaciologues estiment que l'océan Arctique pourrait être libéré des glaces pendant toute la période estivale d'ici à 2030, l'exploitation de ses hydrocarbures apparaît comme un moyen de pallier l'assèchement prévu des réserves des pays pétroliers.

 

Les services géologiques américains estiment que ces fonds marins pourraient receler 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel non découvertes de la planète.

 

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