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Le procès à huis clos d'Aung San Suu Kyi a commencé

Alors que le procès de l'opposante s'est ouvert ce lundi dans une prison de Rangoun, Aung San Suu Kyi, accusée d'avoir enfreint son assignation à résidence en accueillant un Américain chez elle, a affirmé être prête à se défendre.

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Le procès de la dirigeante de l'opposition birmane et lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a débuté ce lundi dans la prison d’Insein, au nord de Rangoun. Elle est accusée par la junte au pouvoir d’avoir hébergé un Américain chez elle, début mai - ce qui constitue une violation des restrictions liées à son assignation à résidence.

 

Des dizaines de partisans de la lauréate du prix Nobel de la paix se sont rassemblés près de l'établissement pénitentiaire, malgré la présence de policiers anti-émeutes qui ont érigé des barbelés pour bloquer tous les accès menant à Insein. Les mesures de sécurité ont en effet été considérablement renforcées à l'aube autour du pénitencier.

 
Selon Cyril Payen, le correspondant de FRANCE 24 à Bangkok, il ne faut pas s’attendre à un procès "tel qu’on peut l’entendre dans un pays démocratique". "Le tribunal se trouve dans l’enceinte même de la prison et le procès se tiendra en secret, sans aucun témoin", ajoute-t-il.
 

"Aung San Suu Kyi a eu pitié de cet homme"

 

Selon les autorités, l'Américain John Yettaw a réussi à nager, début mai, jusqu'à la résidence de l’opposante birmane, située au bord d'un lac, à laquelle elle est assignée depuis 2003.

 

Les avocats d’Aung San Suu Kyi ont déclaré qu'à son procès l'opposante clamera son innocence et affirmera qu'elle "n'a commis aucun crime". "Elle a eu pitié de cet homme car il avait des crampes aux jambes après avoir traversé le lac", a déclaré à l’AFP Kyi Win, l'un des avocats de l’accusée.

 

Un rapport de police fait état d’une première visite de John Yettaw, ancien de la guerre du Vietnam, le 30 novembre 2008, au cours de laquelle il aurait laissé le "Livre de Mormon" à l’attention de l’opposante birmane.

 
Sanctions américaines
 

La candidature d’Aung San Suu Kyi pour les élections de 2010 est menacée: si l'opposante, dont la période d'assignation à résidence expirait théoriquement le 27 mai, est reconnue coupable, elle risque jusqu’à cinq ans de prison. “Ce procès n’a qu’un seul but : museler les voix dissidentes à un an d’élections truquées", a déclaré Zoya Phan, membre de l’ONG britannique Burma Campaign, à l’agence Reuters.

 

Les gouvernements occidentaux, les Nations unies ainsi que plusieurs lauréats de prix Nobel ont dénoncé le procès et demandé la libération immédiate de l’opposante birmane. "Les Etats-Unis viennent de renouveler une série de sanctions contre le pays, rapporte Cyril Payen, alors que les voisins chinois et indiens, partenaires commerciaux de la Birmanie, non seulement n’ont pas condamné cette nouvelle arrestation, mais en plus n’ont fait aucun commentaire."

 

Les ambassadeurs de quatre pays européens (France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne) en poste à Rangoun se sont d'ailleurs rendus à la prison d'Insein lundi matin, "mais on ne les a pas laissés passer, et ils ont été obligés de faire demi-tour", rapporte à l'AFP un diplomate, en rappelant que "dans un Etat de droit, les audiences judiciaires sont publiques".
 

Des manifestations de soutien à Aung San Suu Kyi sont prévues devant les ambassades birmanes dans plus de 20 pays à travers le monde.

 

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