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SRI LANKA

Pour le président, "le pays tout entier est libéré du terrorisme"

4 min

Le président Mahinda Rajapakse s'est adressé au Parlement au lendemain de la victoire de l'armée sur les Tigres tamouls. Les militaires ont éliminé, lundi, 300 rebelles dont leur commandant suprême, Velupillaï Prabhakaran.

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AFP - La guerre au Sri Lanka contre les rebelles tamouls est finie, a proclamé lundi le gouvernement, après la mort de tous les dirigeants de la guérilla séparatiste, dont son chef Velupillaï Prabhakaran.

"Nous avons terminé la guerre avec succès", a déclaré le tout puissant secrétaire du ministère de la Défense, Gotabhaya Rajapakse, en s'adressant à son frère aîné, le président Mahinda Rajapakse, en direct à la télévision.


Le Sri Lanka a été saigné pendant 37 ans par un conflit séparatiste entre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) et l'armée gouvernementale, faisant plus de 70.000 morts dans des combats, attentats et assassinats.

Le mouvement insurrectionnel le plus redoutable au monde a été décapité lundi par l'armée: elle a tué 300 irréductibles -- dont tous les chefs et leur commandant suprême Velupillaï Prabhakaran -- puis s'est emparée de leur dernière poche d'un km2 dans le Nord-Est.

"Le corps de Prabhakaran est parmi les 300 cadavres de terroristes que nous avons récupérés. Le pays tout entier est libéré du terrorisme", a martelé le chef de l'armée de terre, le général Sarath Fonseka.

Invisible depuis 18 mois, M. Prabhakaran, 54 ans, fuyait à bord d'une ambulance avec ses deux lieutenants. Ils ont été abattus et leur véhicule a pris feu, ont annoncé à l'AFP deux responsables militaires.

Toute la direction du LTTE, fondé en 1972, a été anéantie, ont confirmé la télévision publique et un responsable de la présidence.

Dans sa lutte à mort contre les Tigres, l'armée a éliminé Pottu Amman, chef des services de renseignement, le colonel Soosai, amiral de la marine des "Tigres des mers", et le fils de M. Prabhakaran, Charles Anthony, 24 ans. Deux

autres corps ont été découverts: le chef de la vitrine politique de la rébellion, B. Nadesan, et le secrétaire à la Paix, S. Pulideevan.

Ces dépouilles et celle de M. Prabhakaran seront autopsiées et subiront des tests ADN.

Le président Rajapakse, un nationaliste cinghalais élu fin 2005 pour mener une guerre sans merci contre la rébellion tamoule indépendantiste, s'adressera mardi au Parlement. Il avait déjà annoncé samedi la "défaite militaire des terroristes".

De fait, les insurgés avaient admis dimanche leur déroute en se déclarant prêts à "faire taire" leurs armes et aussi à se "livrer".

Les séparatistes contrôlaient en 2006 un tiers des 65.000 km2 du Sri Lanka, dans le nord et l'est, où ils voulaient un Etat indépendant.

Mais minés par les défections et écrasés par la puissance de feu et la détermination de Colombo, ils furent chassés pendant l'été 2007 de leurs bastions de l'Est, avant de perdre leurs fiefs du Nord en janvier.

En raison de la brutalité de son coup de boutoir depuis quatre mois -- qui a probablement fait, selon l'ONU, 6.500 morts parmi les civils -- l'île de l'océan Indien colonisée pendant 443 ans par les Européens s'est mise à dos l'Occident.

Colombo avait rejeté tous les appels à un cessez-le-feu et à un accès humanitaire de l'ONU aux 50.000 civils piégés par le conflit. Aujourd'hui, 250.000 Tamouls s'entassent dans des camps verrouillés par l'armée.

Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, devrait se rendre au Sri Lanka vendredi.

Gordon Brown, Premier ministre de Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, a mis en garde Colombo contre des "conséquences pour ses actions". Londres et le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme sont favorables à une enquête pour "crimes de guerre". L'Union européenne veut une "enquête internationale" pour violations des droits de l'homme et du droit humanitaire.

La Croix-Rouge, seule présente dans l'ex-zone de guerre, avait dénoncé une "catastrophe humanitaire inimaginable".

Mais Colombo, souvent meurtrie par les attentats suicide des Tigres, faisait la fête lundi avec force drapeaux et feux d'artifice. "C'est une victoire contre le terrorisme. Je suis très fier de nos forces armées", exultait l'étudiant, Ashani de Silva.
 

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