FRANCE

La mobilisation des producteurs de lait se poursuit

Les producteurs de lait poursuivent leurs actions un peu partout en France pour protester contre la chute des prix. Ainsi, à Nantes, 300 producteurs ont réveillé le préfet à l'aube au son d'un instrument imitant le grondement du tonnerre.

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AFP - Les producteurs de lait français ont multiplié les actions mardi pour protester contre une chute sans précédent du prix payé aux producteurs et exiger un changement de la politique laitière européenne.


Les professionnels dénoncent une baisse de 30% sur un an du prix du lait, qui a atteint selon eux en avril un plus bas historique de 205 euros les 1.000 litres.


En France, où l'on compte 88.000 exploitations laitières, des actions ont été lancées, essentiellement devant les préfectures et les sous-préfectures de l'ouest du pays, à l'appel Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).


A Nantes, environ 300 producteurs ont réveillé le préfet vers 05h00 (03h00 GMT) du matin en manifestant devant la préfecture, située en plein centre-ville, au son du canon à corbeaux - un instrument imitant le grondement du tonnerre.


Les producteurs, qui ont été reçus par la préfecture, réclament la nomination d'un médiateur dans les négociations avec les transformateurs de la filière, actuellement à l'arrêt, et la création d'un "observatoire des marges".


"Aujourd'hui, en grandes surfaces, le consommateur achète 0,86 euro son litre de lait entier, alors qu'il est payé 0,20 euro au producteur", pointe Linda Monnier, animatrice syndicale à la FNSEA de Loire-Atlantique en charge du dossier lait.


"On nous achète le lait au même prix qu'il y a 25 ans, alors que depuis les charges ont considérablement augmenté", ajoute cette représente du plus important syndicat agricole français.


Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a dit mardi entendre les doléances des producteurs, tout en soulignant dans un communiqué que la situation n'était "pas uniquement française et résulte de surplus sur le marché européen et mondial".


Il a annoncé la mise en place d'une médiation pour renouer les fils du dialogue entre producteurs et entreprises au moment de la discussion sur les prix pour le second trimestre de 2009.


En Bretagne, des rassemblements ont eu lieu à Quimper (Finistère), Vannes (Morbihan) et Rennes (Ille-et-Vilaine), en présence à chaque fois de 400 à 500 producteurs équipés de tracteurs et de camions de collectes de lait.

"NOUS NE POUVONS PAS TENIR"


La situation était tendue à Quimper, où les syndicats ont évoqué des échauffourées entre manifestants et policiers.


A Rennes, les manifestants sont retournés sur les six plates-formes de distribution bloquées depuis lundi midi.


Des camions de collecte de lait ont été bloqués par endroits dans le Morbihan, la Sarthe et le Maine-et-Loire.


D'autres manifestations ont eu lieu en Vendée, à La-Roche-sur-Yon notamment. D'autres actions étaient prévues dans la journée dans la Sarthe, la Mayenne et les Côtes d'Armor.


Le nord de la France est aussi concerné. Des manifestations ont eu lieu à Valenciennes, Dunkerque et Douai,notamment.


A Lille, les producteurs ont été reçus en préfecture après avoir distribué du lait aux passants.


"Nous ne pouvons pas tenir", a expliqué à Reuters Philippe Cartieaux, président des producteurs de lait du Nord. "On vient de recevoir les paiements d'avril, c'est impossible de continuer comme cela. Les décisions de Bruxelles et la politique de la distribution sont responsables".


Les producteurs européens menacent d'une "grève du lait" si des réponses urgentes ne leur sont pas apportées.


Des centaines d'entre eux devaient se réunir mardi devant la gare du Nord de Bruxelles avant de se diriger vers le parvis du conseil des ministres de l'Union européenne.


Michel Barnier a annoncé qu'il demanderait "une réponse européenne adaptée" à ses homologues des Vingt-Sept.


Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a évoqué un possible déblocage de fonds.


"Je suis en train de voir quelle réponse on pourra apporter à cette situation notamment en terme de faire avancer les paiements qui normalement devraient être faits au mois de décembre", a-t-il dit sur France 2.


L'Union européenne a commencé à augmenter progressivement les quotas de production de lait instaurés en 1984 en vue de leur suppression en 2015, ce qui contribue aux surplus.

 

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