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Les mouvements sectaires gagnent du terrain

Selon un rapport de la Miviludes, mission chargée de lutter contre les sectes, les mouvements sectaires auraient presque triplé en France en 15 ans, profitant notamment du marché de l'épanouissement personnel.

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AFP - Quelque 5 à 600 mouvements sectaires sont établis en France, contre moins de 200 il y a 15 ans, profitant notamment du marché florissant de l'épanouissement personnel, a déclaré à l'AFP Georges Fenech, président de la Miviludes, qui a publié mardi son rapport annuel sur les sectes.

Ces mouvements sectaires réussissent à s'installer dans des "niches nouvelles", selon M. Fenech, qui a remis lundi soir le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires au Premier ministre.

La Miviludes y décrit les risques d'emprise mentale (caractéristique de la dérive sectaire) dans certaines pratiques et méthodes de la psychothérapie, dans des formations fantaisistes et déstabilisantes. Elle réclame un recensement de ce type de pratiques et des différents organismes, de façon à mieux informer le public, car la demande est très grande et l'offre assez disparate mêlant sans distinction les vrais professionnels et les amateurs.

Selon Georges Fenech, l'année 2008 marque "un vrai tournant dans l'attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l'action", se félicite-t-il, en citant les propositions des divers ministères qui traduisent "une véritable sensibilisation au phénomène.

Par exemple, le ministère de la Santé a mis en place un "groupe d'appui technique" en février "sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique". Le ministère du Travail traque les cas de "travail dissimulé" dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer. Il va également engager une réforme de la formation professionnelle pour doter les organismes d'un agrément administratif (actuellement, une simple déclaration suffit pour être répertorié comme organisme de formation professionnelle).

Quant à l'Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l'école à domicile pour déterminer combien d'enfants sont concernés, pour quelles raisons ils ne sont pas dans le système scolaire et pour contrôler leur niveau d'instruction. La Miviludes souligne que de nombreux groupements sectaires invoquent "l'instruction dans les familles" pour justifier la scolarisation sur place alors que cette pratique doit être limitée à deux familles.

Le rapport publie également un chapitre sur le satanisme qui gagne du terrain par le biais d'internet, sur les méthodes de lobbying des sectes à l'ONU, sur l'utilisation d'internet par les sectes ou encore sur la lutte contre les dérives sectaires en France et en Europe. A ce sujet, elle signale qu'il n'existe pas de structure spécifique à Monaco parce que le phénomène sectaire y est "marginal", selon elle.

Il n'existe pas actuellement de liste des mouvements sectaires opérant en France. En 1994, le groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié une liste d'environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s'estimaient stigmatisées. Cette liste était vite devenue obsolète, de nombreux mouvements ayant rapidement changé de nom ou d'adresse. Il n'est pas question de faire une nouvelle liste, mais l'actuel président de la Miviludes propose d'établir un "référentiel", sorte de répertoire des pratiques à risque.

Le rapport 2008 de la Miviludes est publié par la Documentation française (15 euros) et mis en ligne sur le site miviludes.gouv.fr.

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