FRANCE

Les Tamouls de Paris refusent de croire à la mort de leur chef

Alors que Colombo semble apporter la preuve de la mort du charismatique leader des Tigres, la communauté tamoule de France refuse de croire à la véracité des images d’un cadavre présenté comme celui de Prabhakaran. Réactions.

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"Cinéma", "montage", "image de synthèse", "faux cadavre", "publicité du gouvernement sri-lankais"... Les images du corps présenté par Colombo comme étant celui de Velupillai Prabhakaran, le chef de la rébellion des Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE), ont beau tourner en boucle sur les chaînes de télévision depuis ce mardi, rares sont les membres de la diaspora sri-lankaise réfugiée en France à croire en sa disparition. En y voyant une "bonne nouvelle, parce que Prabharakan est à l'origine de nombreuses violences", Nadesan est loin de représenter l'opinion dominante de sa communauté.

 

Dans le quartier sri-lankais de Paris, les habitants - des Tamouls pour la plupart - préfèrent se raccrocher au communiqué diffusé sur le site Internet de la guérilla séparatiste en début de matinée par Selvarajah Pathmanathan, le responsable des relations internationales du mouvement, dans lequel celui-ci assure que son chef est "en vie et en sécurité". "Prabharakan, je le connais bien. Ce n’est pas son corps. Il s’agit d’une fausse information destinée à décourager le peuple tamoul", lance un client de l’épicerie Nissan Exotique Market, à l’angle des rues Louis-Blanc et Perdonnet.

 

"C’est un homme droit"


Dans le quartier, le "Tigre numéro un" est, en effet, une personnalité politique très appréciée. Plusieurs commerçants ont placardé une affiche à son effigie sur la devanture de leur boutique. Rédigée dans un français approximatif, sa dédicace ne laisse place à aucune ambiguïté : "Notre leader du peuple tamoul et notre pays, le Tamil Eelam, comme nos yeux." D’autres poussent le vice encore plus loin, allant jusqu’à faire du portrait de "Prabha" le fond d’écran de leur téléphone portable… "Il n’a rien à voir avec nos politiciens dont tous les enfants font leurs études en Europe ou aux Etats-Unis. Il n’a jamais gardé un centime par-devers lui. C’est un homme droit", lance Regaan, assis dans un salon de coiffure où il se fait couper les cheveux.


D’autres ne comprennent pas que l’Occident considère leur héros comme un Oussama Ben Laden ou comme le parrain d’une nouvelle mafia. "La classification des Tigres sur la liste des organisations terroristes est injuste. Ses cibles n’ont toujours été que militaires. Personne ne nous force à verser un prétendu impôt révolutionnaire. Il s’agit d’un mensonge répandu par des traîtres à la solde de Colombo. En France, pendant la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle était-il un terroriste ou un résistant ?" argumente Vithuran, installé dans l'Hexagone depuis 1987, avant de poursuivre : "Nous avons perdu notre terre, mais pas notre courage. Nous récupérerons bientôt notre territoire." A moins que la diaspora tamoule ne surestime la puissance de l’industrie cinématographique sri-lankaise ?

 

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