CINÉMA

Lars von Trier coupe son "Antichrist" pour éviter la censure

Le réalisateur danois Lars von Trier a accepté de couper certaines scènes de son film présenté à Cannes, "Antichrist", afin de pouvoir être projeté dans certains pays. Des scènes de nus et de violence ont en effet été jugées choquantes.

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AFP - Le film du Danois Lars von Trier, "Antichrist", projeté lundi à Cannes et qui a déconcerté par certaines scènes de nus, de sexe et d'extrême violence, sera proposé en version censurée pour les pays prudes, a annoncé mercredi le directeur de sa maison de production.

"On avait un accord depuis un an avec Lars de faire une version +catholique+ du film, de couper certaines scènes et les remplacer par d'autres, sinon il serait invendable sur des marchés pudiques comme le sud de l'Europe, l'Asie et les Etats-Unis, où on ne peut même montrer un homme nu de face", a déclaré à l'AFP Peter Aalbaek Jensen de la société de production Zentropa, co-fondée par le réalisateur fétiche danois.

Le directeur de Zentropa "ne sait pas encore quelles scènes seront censurées" et va "discuter avec les distributeurs de ces pays afin de connaître leurs avis à ce sujet", a-t-il ajouté.

La version censurée permettra aussi à Zentropa de "vendre le film aux chaînes de télévision" dans le monde, selon M. Jensen.

Lars von Trier va s'atteler "après le festival de Cannes à cette version adoucie du film, comme convenu avec lui lors du tournage", a-t-il précisé.

Le film, adulé par les critiques au Danemark qui l'ont porté aux nues, sort mercredi dans 17 salles du royaume scandinave.

Ecrit par Lars von Trier en guise de "thérapie" au sortir d'une dépression et inspiré de ses rêves et obsessions, ce film raconte le chagrin d'une mère ayant perdu son enfant, et qui vire à la folie.

Le père tente alors une thérapie de choc, en l'emmenant dans le chalet perdu dans la forêt où elle et l'enfant ont passé un été.

Là, la nature lui inspire des visions de plus en plus angoissantes et la névrose prend possession d'elle, jusqu'au déferlement de violence final.

La surenchère de violence des scènes finales qui allient nudité, sexe et automutilation filmée frontalement, a choqué une partie des critiques.

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