MALAWI - PRÉSIDENTIELLE

L'UE et le Commonwealth parlent d'imperfections

Alors que le président sortant du Malawi, Bingu wa Mutharika (photo), est en tête de l'élection présidentielle qui a eu lieu mardi, l'opposition ainsi que des observateurs du scrutin pointent des anomalies et des fraudes électorales.

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AFP - De nombreuses "imperfections", dont le "parti pris" des médias d'Etat en faveur du pouvoir sortant, ont été constatées lors du processus électoral au Malawi, où étaient organisés mardi des élections générales, ont estimé jeudi le Commonwealth et l'Union européenne (UE).

"Si des aspects du processus électoral sont encourageants", comme le déroulement pacifique des opérations de vote, "il y a eu malheureusement des imperfections comme la publication tardive de la liste électorale et des partis pris flagrants dans les médias d'Etat", note le Commonwealth.

"Des critères clés permettant de parler d'élections démocratiques n'ont pas été entièrement respectés", ajoute l'organisation dans un communiqué publié à Blantyre.

Luisa Morgantini, à la tête d'une mission de 83 observateurs de l'UE, a également fait ce constat lors d'une conférence de presse jeudi dans la capitale économique du Malawi.

L'UE, qui a noté un "grand nombre d'anomalies" sur les listes électorales, a dénoncé l'utilisation des fonds publics pour la campagne du président sortant Bingu wa Mutharika et son parti, citant l'utilisation de véhicules qui appartiennent à l'Etat, des médias publics ainsi que des services de police et de sécurité.

Concernant les médias, le groupe de dix observateurs du Commonwealth insiste sur "le parti pris sans complexe de la télévision et de la radio d'Etat (qui) ont créé un terrain inégal, ternissant le caractère démocratique de la campagne".

La couverture par les médias d'Etat de la campagne du président et de son Parti progressiste démocrate (DPP) "était ouvertement partisane": "le président et son parti ont obtenu 97% du temps d'antenne (sur ces supports), tandis que ces mêmes médias ont refusé littéralement tout accès à d'autres candidats et partis", souligne le Commonwealth.

Mardi, une radio appartenant à l'opposition a été fermée après avoir diffusé un programme à connotation politique, alors que la campagne électorale était terminée. Quatre employés ont été arrêtés et inculpés.

Le Commonwealth constate aussi que "le processus de compilation des résultats est long".

Les Malawites étaient appelés mardi à élire leur président et leurs députés. Selon les derniers résultats de la commission électorale portant sur près d'un tiers des quelque 3.900 bureaux de vote, le président sortant est en tête avec 913.317 voix, contre 325.185 pour son principal adversaire John Tembo.

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