MEXIQUE

Récession officielle et PIB en chute de 8,2 % au premier trimestre

Alors que le Mexique est officiellement entré en récession, son produit intérieur brut (PIB) enregistre une chute impressionnante de 8,2 % au 1er trimestre 2009, avant même que l'impact de la grippe A(H1N1) ne se fasse sentir sur l'économie.

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AFP - Le Mexique est officiellement entré en récession, avec une chute impressionnante de 8,2% de son produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2009, deuxième période négative consécutive pour la deuxième économie d'Amérique latine.

"Le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 8,2% en données réelles et en taux annuel pendant la période janvier-mars de 2009", a annoncé mercredi l'Institut national de la statistique et de la géographie (Inegi), dans un communiqué.

Le PIB mexicain, voisin de 1.000 milliards de dollars, avait déjà reculé de 1% au dernier trimestre 2008, clôturant à la baisse une année en légère hausse générale de 1,5%, selon le ministère des Finances.

Mercredi, quelques heures avant le communiqué de l'Inegi, le ministre des Finances, Agustin Carstens, avait pronostiqué un recul de 5,5% sur l'année, se rangeant à l'estimation avancée voici un peu plus d'une semaine par l'agence de notation financière Standard & Poor's.

M. Carstens avait pronostiqué le 8 mai dernier un recul de 4,1% pour l'année, en soulignant que le pays entrait dans une période de récession. Il avait alors estimé que l'impact de l'épidémie de grippe porcine, qui a fait 74 morts jusqu'ici dans le pays, compterait pour 0,3% dans ce recul du PIB.

La dernière "fourchette" de la Banque centrale du Mexique prévoyait un PIB annuel en recul de 3,8% à 4,8% en 2009, dans un rapport établi sur des données antérieures à l'épidémie.

Des économistes avaient déjà averti que l'économie mexicaine connaîtrait sa pire année depuis 1995, quand une crise économique et une lourde dévaluation du peso avaient fait chuter le PIB de 6,9%, dans une dépression restée dans les annales sous le nom de "L'effet Tequila".

Le Mexique, dont l'économie dépend étroitement de ses liens industriels, commerciaux et financiers avec les Etats-Unis, paie au premier trimestre la chute de ses activités secondaires et tertiaires.

Le secteur secondaire a perdu 9,9% dans son ensemble, avec un recul particulièrement marqué des industries manufacturières (13,8%) et de la construction (7,7%), a indiqué l'Inegi.

Le secteur tertiaire a reculé de 7,8%, le commerce et l'immobilier étant les plus touchés.

Le secteur primaire, au contraire, a progressé, mais de 1,4% seulement, grâce essentiellement à l'agriculture et à l'élevage.

Le recul du PIB est dû principalement "à l'effondrement de la production automobile", fortement exportatrice vers un marché américain en grave dépression, a commenté une analyste de la société de conseil financier Bursametrica.

Ce recul reflète plus généralement la détérioration des ventes mexicaines aux Etats-Unis, qui représentent à elles seules 80% des exportations du pays, a-t-elle ajouté.

L'accélération de l'inflation, jusqu'à 6,17% en avril, a "découragé la consommation et s'est répercutée dans le secteur des services, qui représente 60% du PIB", a-t-elle encore rappelé.

La banque ne croit toutefois ni à un affaiblissement du peso mexicain, actuellement en reprise face au dollar (13,07 pour un dollar, alors qu'il avait dépassé le cap des 15 en début d'année), ni à une aggravation de l'inflation.

Le recul du PIB devrait encore être très net au deuxième trimestre, à 7,3%, mais moins accentué au troisième, à 1%, selon la banque centrale.
 

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