MALAWI

Le président sortant réélu à l'issu d'un scrutin entaché de fraudes

Bingu wa Mutharika (photo), qui est à la tête du Malawi depuis le mois de mai 2004, a été largement réélu pour un deuxième mandat. Le Commonwealth et l'Union européenne ont relevé de nombreuses "imperfections" lors du scrutin.

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REUTERS - Le président Bingu wa Mutharika a été réélu vendredi pour un deuxième mandat à la tête de l'Etat du Malawi au terme d'une élection que l'opposition juge entachée par des fraudes.

La commission électorale a déclaré wa Mutharika vainqueur, lui attribuant 2,7 millions de suffrages tandis que son principal adversaire John Tembo était crédité de 1,2 million de voix.

"Nous avons décidé d'annoncer le nom du vainqueur, les votes que nous avons vérifiés et comptés provenant de 93,25% des bureaux de vote", a déclaré Anastasia Msosa, présidente de la commission.

En marge de ce scrutin présidentiel, les électeurs étaient également appelés à désigner leurs parlementaires.

Le Parti progressiste démocratique de wa Mutharika a remporté 91 des 193 sièges tandis que le Parti du congrès de Tembo en obtient 25 et que le Front démocratique unifié d'opposition décroche 17 élus.
Cette majorité parlementaire devrait permettre à wa Mutharika de sortir de l'impasse politique dans laquelle se trouvait le Malawi, impasse qui paralysait l'action du gouvernement et inspirait de la méfiance aux investisseurs.

Ces résultats ont été contestés par Tembo, principal candidat face au chef de l'Etat sortant, qui a affirmé disposer d'assez de preuves de la malhonnêté du scrutin pour le contester devant les tribunaux.

Une mission d'observation du Commonwealth, dirigée par l'ancien président ghanéen John Kufuor, a reconnu que wa Mutharika avait abusé de médias d'Etat mais il a conseillé à l'opposition de ne pas contester les résultats.

"C'est la nature de la démocratie dans laquelle vous êtes aujourd'hui mais vous ne serez plus demain", lui a-t-il fait valoir.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), a elle aussi relevé des parti-pris de la part des médias, mais elle a estimé que le scrutin avait été "crédible... et libre".

 L'ancien président et chef du Front démocratique unifié d'opposition Bakili Muluzi, qui n'était pas en lice mais avait fait alliance avec Tembo, a reconnu pour sa part que son vieil adversaire wa Mutharika avait gagné et a promis de soutenir son administration.

L'investiture du président est prévue vendredi.
 

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