SOMMET UE - RUSSIE

Moscou s'inquiète d'une alliance anti-russe

Le sommet entre l'Union européenne (UE) et la Russie se poursuit dans un contexte délicat. Moscou voit, notamment, d'un mauvais œil l'évolution du "partenariat oriental" passé entre l'UE et six ex-Républiques soviétiques.

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AFP - La Russie et l'UE ont laissé éclater leurs divergences au grand jour vendredi lors de leur sommet bi-annuel, Moscou mettant en garde contre une nouvelle guerre du gaz avec l'Ukraine et s'inquiétant du Partenariat oriental européen avec l'ex-URSS.

"Nous avons des doutes sur les capacités de paiement de l'Ukraine" pour ses achats de gaz russe, a lancé le président russe Dmitri Medvedev lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet organisé à Khabarovsk dans l'Extrême-Orient russe.

Ce type de contentieux entre Moscou et Kiev a déjà conduit à plusieurs crises gazières aux lourdes répercussions pour l'Europe, ainsi privée de gaz russe pendant deux semaines en janvier.

"Dans cette situation, les partenaires aident leurs partenaires, et nous sommes prêts à aider l'Etat ukrainien mais nous aimerions que l'UE assure une partie significative de ce travail", a estimé M. Medvededev, soulignant que les pays européens avaient "intérêt" à garantir leur sécurité énergétique.

Le sommet n'a guère progressé sur les moyens, dans un tel contexte, de garantir la sécurité énergétique, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso insistant pour que les nouvelles mesures à prendre reposent sur la Charte de l'Energie dont Moscou ne veut pas entendre parler.

"Nous ne devrions pas rejeter des accords qui existent déjà depuis des années. Nous sommes prêts à examiner les propositions de la Russie, mais en construisant sur les accords existants", a déclaré M. Barroso.

"La Russie ne participe pas et n'a pas l'intention de participer" à la Charte de l'Energie, avait martelé juste auparavant M. Medvedev qui veut mettre en avant ses propres propositions.

Le traité sur la Charte, signé depuis 1994 par 49 pays et l'Union européenne, mais jamais ratifié par la Russie, vise à améliorer la sécurité des approvisionnements énergétiques et à optimiser la production, le transport et la distribution de l'énergie.

M. Medvedev a également mis en garde contre une transformation du Partenariat oriental lancé par l'Union européenne avec six pays de l'ex-URSS en une alliance "antirusse" malgré les tentatives des Européens de le rassurer.

"Tout partenariat est meilleur qu'un conflit, mais nous sommes gênés que certains pays tentent d'utiliser cette structure comme un partenariat contre la Russie", a-t-il déclaré.

"Nous ne voudrions pas que le Partenariat oriental se transforme en un partenariat contre la Russie", a-t-il poursuivi.

L'Union européenne souhaite que la Russie participe aux programmes du Partenariat oriental", a répliqué le diplomate en chef de l'UE Javier Solana tandis que le président tchèque Vaclav Klaus, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, insistait sur le fait que ce projet n'était "dirigé contre personne".

Le Partenariat oriental avec le Bélarus, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, lancé lors d'un sommet début mai à Prague, vise à renforcer les relations économiques et politiques entre l'UE et ces pays.

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