PAKISTAN

Les ONG ont besoin de 400 millions d'euros pour aider les réfugiés

L'ONU et les ONG évaluent à quelque 400 millions d'euros leurs besoins en financement, pour 2009, afin de venir en aide aux deux millions de Pakistanais qui ont fui les combats entre l'armée et les Taliban, dans le nord-ouest du pays.

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AFP - L'ONU et les ONG ont évalué à plus d'un demi-milliard de dollars (près de 400 millions d'euros) leurs besoins cette année pour aider 2,2 millions de civils déplacés qui ont fui les combats entre l'armée et les talibans dans le nord-ouest du Pakistan depuis un an.

Plus de 88 millions de dollars ont déjà été versés et les organisations humanitaires appellent la communauté internationale à financer d'urgence les plus de 454 millions restants (environ 330 millions d'euros).

"Un total de 165 projets présentés par 52 agences de l'ONU et ONG nationales et internationales coûteront 543.172.583 dollars (environ 393 millions d'euros)", indique un communiqué commun de ces organisations humanitaires.

"Environ 1,7 millions de personnes déplacées ont été enregistrées depuis début mai" par l'offensive de l'armée dans la vallée de Swat et ses environs, estime l'ONU dans le communiqué. L'aide réclamée servira aussi pour environ 550.000 personnes déplacées depuis août 2008 par des offensives dans les districts tribaux de Bajaur et Mohmand, frontaliers avec l'Afghanistan, explique le communiqué.

Mais Islamabad estime que le nombre de déplacés est inférieur. Dans une interview avec l'AFP, le général Nadeem Ahmed, coordinateur pour l'aide aux déplacés pour le gouvernement, les évalue à quelque 1,5 millions au total depuis l'été 2008, "avec une marge d'erreur de 20%". Selon lui, quelque 238.000 personnes sont récemment retournées dans leurs villages du district de Bajaur.

"Avec 88.524.302 dollars déjà fournis ou engagés, la communauté humanitaire demande d'urgence les 454.648.281 dollars restants pour venir en aide aux plus vulnérables jusqu'à la fin de l'année 2009", dit le communiqué.

"L'ampleur de ce déplacement de population est extraordinaire en terme de chiffres et de rapidité et provoque une intense souffrance" chez les déplacés, ajoute le communiqué de l'ONU et des ONG, qui fait appel à la "générosité de la communauté internationale".

Le gouvernement et l'ONU estiment à 15 à 20% le nombre de ces déplacés qui se sont réfugiés dans des camps gérés par les autorités locales et les organisations humanitaires dans des districts adjacents à ceux où les combats se déroulent. Le reste s'est égaillé dans le nord-ouest et le centre du pays, comptant sur le soutien de proches.

L'offensive, lancée le 26 avril sous la pression intense de Washington, dont Islamabad est l'allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme", se poursuivait vendredi dans le district de Swat.

Au total, en près d'un mois, l'amrée assure avoir tué plus de 1.100 talibans et avoir perdu à peine 60 hommes. Ces bilans sont impossible à vérifier, les zones de combats étant hermétiquement bouclées par l'armée.

Les militaires refusent de livrer un chiffre des victimes civiles, assurant mettre "tout en oeuvre" pour les éviter. Mais de nombreux témoignages de personnes déplacées, ainsi que les ONG, font état de nombreux civils tués par les talibans mais, surtout, les bombardements sans discernements de l'armée.

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