AUTRICHE

Une fusillade dans un temple sikh fait un mort

Un groupe d'inconnus a ouvert le feu dans un temple de la communauté religieuse indienne sikh, situé dans le 15e arrondissement de la capitale autrichienne. Un dernier bilan fait état d'un mort et d'une trentaine de blessés.

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AFP -  Une querelle religieuse dans un temple sikh de Vienne a dégénéré dimanche après-midi en affrontements à l'arme à feu et au couteau, faisant un mort, un des deux gourous sikhs venus d'Inde, et une trentaine de blessés, a annoncé la police dans la nuit de dimanche à lundi.

La venue des deux gourous du mouvement Shri Guru Ravidas Sabha au temple de la Pelzgasse 17, dans le 15e arrondissement viennois, a déclenché les hostilités. Les deux hommes, Sant Niranjan Dass, 66 ans et Sant Rama Nand (bien Sant Rama Nand), 56 ans, étaient arrivés exprès d'Inde, d'où est originaire le culte sikh.

Vers 11H30 GMT, pendant leur sermon, six hommes, portant turban jaune et bleu et barbe, selon un témoin, sont passés violemment à l'attaque.

"Six personnes n'étaient pas d'accord. L'une a sorti une arme à feu, les autres des couteaux", a expliqué un porte-parole de la police de Vienne, Michael Takacs.

L'affrontement s'est alors poursuivi tandis que la plupart des quelque 200 personnes présentes dans le temple quittaient les lieux. Plusieurs coups de feux ont été tirés, mais les fidèles ont ensuite réussi à maîtriser les agresseurs, avant de déchaîner leur colère contre eux.

"J'étais dehors quand c'est arrivé et je n'ai entendu que les coups de feu. Mon oncle a été touché par un coup de couteau au côté gauche. Un autre homme à l'oeil", a raconté un témoin, âgé de 21 ans.

Les deux gourous visés ont été blessés chacun par deux balles, Sant Niranjan Dass à l'abdomen et à la hanche et Sant Rama Nand à l'abdomen et au dos. Hospitalisés dans un état très grave, ils ont été opérés dimanche soir. Le second est décédé après une opération d'urgence après laquelle les médecins avaient pourtant qualifié son état de stable. "Il a perdu connaissance et est mort peu après minuit (22H00 GMT), selon la police.

L'autre gourou, Sant Niranjan Dass, également opéré, se trouvait dans la nuit dans un état stable, selon la police autrichienne.

Quatre des six agresseurs, facilement interpellés grâce à l'intervention des fidèles, figuraient parmi les blessés graves.

Selon un nouveau bilan dimanche soir, deux d'entre eux étaient encore en danger de mort dans la soirée, blessés par balle à la tête.

Les deux agresseurs plus légèrement atteints ont été placés en garde à vue.

Les blessés, tous des hommes, avaient été évacués à bord de trois hélicoptères vers cinq hôpitaux.

Les policiers qui avaient immédiatement bouclé le périmètre autour du temple y ont saisi au moins trois douilles.

L'origine de ce sanglant affrontement serait une querelle entre différents temples viennois, selon Kumar Balvinder, vice-président du temple de la Pelzgasse, cité par l'agence de presse autrichienne APA.

Le mouvement auquel appartient ce temple s'élève contre le système des castes, encore populaire chez certains Sikhs. Il est soutenu notamment par les "intouchables", figurant à l'échelon le plus bas dans cette classification de la population indienne.

Mais il est accusé par d'autres de ne pas respecter à la lettre les commandements de la religion sikh.

Kumar Balvinder a indiqué avoir été prévenu par le dirigeant d'un autre temple viennois d'éventuelles violences lors de la visite de gourous du mouvement Shri Guru Ravidas Sabha. Selon lui, cette information avait été transmise à la police. "Nous n'avons rien à voir avec cela", a réagi dimanche soir le chef du temple en question, Gurbhaj Singh.

La communauté Sikh, dont les hommes portent traditionnellement le turban et un poignard à la ceinture, revendique une dizaine de milliers de membres en Autriche et 25 millions dans le monde, la majorité dans le nord de l'Inde.

Officiellement, 2.794 Sikhs vivent en Autriche, dont la moitié aurait la nationalité autrichienne. La communauté avait dénoncé l'an dernier le "manque de liberté religieuse" en Autriche.

Le parti d'extrême droite FPÖ, en campagne pour les élections européennes du 7 juin, a une nouvelle fois dénoncé la politique d'immigration des partis au pouvoir et la société "multi-ethnique".

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