AUTOMOBILE

Décision attendue en milieu de semaine sur la reprise d'Opel

Le gouvernement allemand devrait prendre sa décision sur la reprise d'Opel "d'ici le milieu de la semaine" mais laisse pour l'instant planer la menace d'un dépôt de bilan si les trois candidats au rachat n'améliorent pas leurs offres.

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AFP - Le gouvernement allemand faisait monter les enchères lundi pour la reprise du constructeur Opel et laissait planer la menace d'un dépôt de bilan si les candidats n'amélioraient pas leurs offres.

Une décision départageant le canadien Magna, l'italien Fiat et la holding RHJ International, est attendue "d'ici le milieu de la semaine", a promis le porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm.

Magna, adossé à la banque semi-publique russe Sberbank, est le favori de Berlin mais Fiat ne désarme pas.

Une nouvelle réunion au sommet, menée entre autres par la chancelière et son ministre de l'Economie Karl-Theodor zu Guttenberg, était prévue lundi. Angela Merkel, qui a téléphoné ce week-end au Premier ministre russe Vladimir Poutine, doit aussi rencontrer mardi le patron de Fiat, Sergio Marchionne.

Mercredi, une autre réunion est prévue à la chancellerie, avec des représentants du gouvernement américain, selon le quotidien Tagesspiegel, alors que General Motors (GM), la maison-mère d'Opel pourrait déposer son bilan d'ici la fin de la semaine.

Entre-temps, Berlin veut que les trois candidats améliorent leurs offres. Il faut "assurer les emplois et épargner les contribuables allemands", a indiqué lundi Mme Merkel.

Sinon, ce sera la faillite, a prévenu le ministre conservateur de l'Economie. Un scénario que les sociaux-démocrates, membres du gouvernement de coalition, ont eux toujours rejeté. Au final, il faut "tout faire pour éviter une faillite et pour sauver le plus d'emplois possible", a tempéré le porte-parole du gouvernement.

"Les chances réelles de faillite sont faibles. Il faut plutôt le voir comme un argument dans les négociations", a affirmé à l'AFP Jürgen Pieper, analyste de la banque Metzler. "Une faillite serait le cauchemar de la République fédérale", et occasionnerait des coûts supplémentaires élevés, a estimé Ferdinand Dudenhöffer, expert du secteur.

"Il y a encore de l'espace pour des négociations. Mais disons que c'est réglé à 80% et qu'il reste 20% de chances à Fiat pour finalement l'emporter", a précisé M. Pieper.

La holding RHJ, dont le principal actionnaire est le fondateur du fonds américain Ripplewood, semble hors-jeu et reste discrète. Fiat et Magna eux rivalisent de concessions.

"Les offres changent de jour en jour", a indiqué Mme Merkel.

Ainsi Fiat, qui veut supprimer 10.000 emplois en cas de reprise d'Opel, jure désormais que seuls 2.000 le seront en Allemagne, où aucune usine ne fermera. Magna doit lui revoir sa copie sur les 2.200 emplois menacés sur l'usine de Bochum (ouest) et clarifier ses demandes d'aides publiques.

Fiat a lui promis de rembourser les 6 milliards d'euros de garanties qu'il demande à Berlin dans les quatre prochaines années, selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Au final, GM prendra seul la décision définitive. Mais lui aussi semble privilégier Magna.

"Le gouvernement allemand n'a pas de critères réellement objectifs pour Magna et contre Fiat. Mais GM, lui, a déjà eu un conflit avec Fiat (au terme de leur coopération en 2005) et peut craindre l'arrivée sur le marché américain d'un concurrent direct avec un ensemble Fiat-Chrysler-Opel", estime M. Pieper.

Avec Opel, Fiat, qui vient de nouer une alliance avec l'américain Chrysler, veut créer le deuxième groupe automobile mondial derrière le japonais Toyota. Magna est un équipementier qui fabrique des pièces et monte des véhicules pour d'autres constructeurs, mais n'a jamais développé de voitures seul. Pour Opel, il veut coopérer avec le constructeur russe GAZ

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