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Le gouvernement contre le télétravail des salariés en congé-maladie

L'amendement du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre (photo) permettant à un salarié en congé-maladie ou maternité de travailler chez lui a été vivement critiqué par l'opposition et accueilli froidement par les membres du gouvernement.

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AFP - Le gouvernement a tenté mardi d'éteindre l'incendie provoqué à gauche, chez les syndicats, mais aussi à droite par la proposition du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre de permettre aux salariés en arrêt maladie ou en congé maternité de travailler de chez eux.

La mesure, présentée sous la forme d'un amendement au texte UMP sur le prêt de main d'oeuvre entre entreprises, a suscité un tollé dès son annonce lundi soir, bien qu'elle ait été rejetée à l'unanimité en commission à l'Assemblée nationale. Lors des questions d'actualité, Nathalie Kosciusko-Morizet, au nom du gouvernement, a opposé une fin de non recevoir à M. Lefebvre.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a qualifié l'amendement de "parfaitement immoral et indécent". Le député socialiste Jean-Marie Le Guen, médecin de profession, y voit une façon "de repousser toujours plus loin l'exploitation des gens". "Le dimanche, quand il sont malades et pourquoi pas la nuit ?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le patron des députés Nouveau Centre (NC, alliés de l'UMP), François Sauvadet, a lui aussi critiqué le projet de M. Lefebvre, jugé "pas franchement opportun". François Bayrou (MoDem), en campagne à Toulouse, a dénoncé une "régression" de la protection sociale.

Même désapprobation parfois aussi des rangs du parti majoritaire. Claude Goasguen (UMP) a qualifié l'amendement de "pas du tout cohérent, ni important, ni utile".

L'ancienne porte-parole du parti Chantal Brunel s'est inquiétée des "dérives" et des "fraudes" potentielles d'une mesure qui "donne l'impression de détricoter un acquis social".

"On pourrait même ouvrir des salles de télétravail dans les maternités et les centres anticancéreux", a raillé le villepiniste Jean-Pierre Grand.

Un responsable parlementaire UMP est catégorique: "Franchement, c'est une grosse connerie. Ca va nous faire perdre des milliers de voix" aux élections européennes du 7 juin.

Argument immédiatement mis en avant par Claude Bartolone, secrétaire national du PS, à la sortie de l'hémicycle: "imaginez ce que serait le comportement de la droite sur ces textes sociaux si le gouvernement pouvait se féliciter d'un score honorable au moment des élections européennes".

Dans ce concert de réprobations, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a souligné qu'il s'agissait "juste d'une faculté, d'une possibilité", tandis que le patron des députés UMP, Jean-François Copé, affirmait ne pas avoir "encore d'opinion".

Les principaux syndicats ont préféré qualifier la proposition de "diversion". Une position similaire à celle du député PCF Roland Muzeau, pour qui "c'est une provocation, mais (M. Lefebvre) est un spécialiste".

Au nom du gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet a profité des questions d'actualité à l'Assemblée pour opposer une fin de non-recevoir à M. Lefebvre, en souhaitant que l'"on mette fin à cette polémique". "Le gouvernement est défavorable à cet amendement", a lancé à deux reprises la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique... elle-même enceinte.

Pour enrober les choses, Mme Kosciusko-Morizet a suggéré de diligenter une étude permettant d'établir une comparaison européenne sur les conditions du télétravail.

M. Lefebvre a protesté en fin de journée sur le fait qu'il avait été "caricaturé". "J'ai obtenu l'annonce par le gouvernement d'un rapport, je souhaite qu'il soit fait par le Conseil d'analyse stratégique et rendu à l'automne", a-t-il déclaré à l'AFP, laissant ainsi entendre qu'il retirerait son amendement en séance.
 

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