PROCHE-ORIENT

Israël minimise les critiques américaines sur la colonisation

Après les déclarations de la secrétaire d'État américaine, opposée à toute nouvelle construction dans les implantations juives de Cisjordanie, Israël laisse entendre que le sort des colonies dépendra des négociations avec les Palestiniens.

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AFP - Israël a tenté de minimiser jeudi la portée des déclarations de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton contre toute construction dans les colonies juives de Cisjordanie occupée.

"Concernant les colonies existantes, leur sort sera déterminé dans les négociations sur le statut final entre Israël et les Palestiniens", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Mark Regev. "En attendant, la vie normale doit continuer dans ces communautés", a-t-il prévenu.

Auparavant, un responsable israélien a estimé que les propos de la secrétaire d'Etat américaine n'apportaient rien de nouveau. "En fait, il n'y a rien de nouveau dans les propos de la secrétaire d'Etat".

"Hillary Clinton n'a fait qu'exprimer à nouveau les divergences apparues lors de la rencontre entre le président Barack Obama le 18 mai à Washington avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu", a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Selon les médias israéliens, M. Netanyahu est prêt à ordonner le démantèlement d'une vingtaine d'implantations "sauvages", c'est-à-dire qui n'ont pas été autorisées par le gouvernement.

En échange, il espérait obtenir un accord tacite des Etats-Unis pour permettre la construction dans les colonies existantes où vivent plus de 280.000 Israéliens afin de répondre à leur "croissance démographique naturelle".

Mais des rabbins de colonies de Cisjordanie ont appelé jeudi les soldats israéliens à refuser d'obéir à tout ordre de démantèlement d'implantations sauvages.

"La sainte Torah interdit de prendre part à toute expulsion des juifs de notre terre sacrée. Nous appelons les soldats et policiers à refuser d'obéir à des ordres d'expulsion", ont proclamé ces rabbins, membres du conseil des rabbins de Judée-Samarie (Cisjordanie), dans un communiqué.

Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies, y compris celles ayant obtenu les autorisations des autorités israéliennes, sont illégales.

"Le président (Obama) a été très clair (...) Il veut la fin de la colonisation: pas de colonies, pas de postes avancés, pas d'exceptions liées à la croissance naturelle", a dit mercredi Mme Clinton à Washington, à la veille de la première rencontre de M. Obama avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Elle a ainsi exprimé la position la plus claire de l'administration américaine sur le sujet depuis l'entrée en fonction de M. Obama en janvier.

L'Autorité palestinienne de M. Abbas a salué les déclarations de Mme Clinton, après avoir conditionné toute reprise des négociations avec Israël à un arrêt de la colonisation.

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