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INTERNET

L'Assemblée se penche sur "l'après Hadopi"

Texte par : Nicolas DE SCITIVAUX
3 min

À l’initiative du Parti radical et du ministère de la Culture, un groupe de réflexion s’est donné rendez-vous, ce jeudi, au Palais Bourbon pour discuter de la gratuité sur Internet. Reportage dans les travées de l'Assemblée nationale.

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Animés par Henri Maurel, fondateur de l’emblématique station de radio FG, les débats organisés, ce jeudi, à l’Assemblée nationale avaient pour but de dresser un bilan de l’impact du piratage sur Internet, et de trouver des solutions pour combattre la mise à disposition gratuite d’œuvres musicales et cinématographiques sur le Web. Après avoir loué la loi Hadopi, les intervenants ont évoqué la coupure de l'accès Internet pour les pirates récidivistes, considérée comme un "premier rempart contre la démagogie". Le ton était donné.

 

Intitulée "Musique, cinéma, propriété intellectuelle : quand Internet m’a tué", la première partie de la convention ne s’annonçait pas des plus originales. Surtout au vu de la liste des personnes invitées à dresser un état des lieux de la piraterie sur Internet. A tour de rôle, Bernard Miyet, président du directoire de la Sacem, l’oraganisme de gestion des droits d’auteur, Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), et Michel Thiollière, rapporteur du projet de la loi Hadopi, se sont attachés à dénoncer les ravages causés par les téléchargements illégaux. Une énième fois.


La "mafia" des pirates


Aussi Bernard Miyet s’est-il empressé d’accuser, chiffres à l’appui, les pirates d’être à l’origine de la crise du disque. En 2003, , la Sacem a touché 176 millions d’euros de droits d’auteur (tous supports confondus, de la sonnerie de téléphone portable au CD traditionnel), contre 121 millions d’euros en 2008, soit une chute de plus de 30 %. "Au-delà de la baisse en volume, il y a un phénomène de dévalorisation de l’œuvre", a déploré le président du directoire de la Sacem.

 

Même constat pour le représentant du cinéma Pascal Rogard, qui n'a pas hésité à employer le terme de "mafia" pour désigner les personnes mettant des vidéos piratées à disposition sur Internet. Pas un mot en revanche sur le fait que les industries du disque et du cinéma ont complètement raté le virage Web, et se retrouvent aujourd’hui dos au mur face à des internautes, qui, n’ayant pas eu d’alternatives légales pendant de longues années, ont pris de mauvaises habitudes.

 

Des "geeks" et des retraités

 

De son côté, le sociologue Stéphane Hugon s’est efforcé de briser l’image traditionnelle du "’geek’ de 15 ans qui pirate le soir dans sa chambre", rappelant au passage que les jeunes retraités représentaient une bonne tranche des pirates modernes.

 

Xavier Filliol, responsable de la commission Musique en ligne du Geste (Groupement des éditeurs de services en ligne), a quant à lui dressé un tableau un peu flou de l’offre légale existante sur la Toile, avant de parvenir à la conclusion qu’il était encore trop tôt pour dire si ce modèle était vraiment viable. Enfin, Martin Rogard, directeur des contenus du site de partage vidéos DailyMotion, a appelé le gouvernement à soutenir les acteurs français du secteur.

 

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a clôturé la session en martelant que loi "Création et Internet" n’était "qu’une première étape" vers la solution au problème du piratage, sans donner de détails concrets sur "l’après Hadopi". Au final, cette convention, au titre pourtant ambitieux, n’aura été qu’une sorte de débriefing du débat qui n’a pas fini d’agiter la France.

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