JUSTICE

Le patron d'Airbus entendu dans une affaire de délits d'initiés

La brigade financière française a entendu Thomas Enders, le patron allemand d'Airbus, dans le cadre d'une affaire de délits d'initiés lié à EADS, la maison mère. Au total, 17 dirigeants, passés ou présents, sont cités dans le dossier.

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AFP - Le patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, a été entendu par la brigade financière mercredi 20 mai dans le cadre de l’affaire de délits d’initiés présumés de sa maison mère EADS, a indiqué jeudi un porte-parole de l'avionneur européen à l'AFP.

Il confirmait ainsi un article paru dans le site du Nouvel Observateur. M. Enders n'a ni été mis en examen, ni placé en garde à vue à la suite de cette audition qui s'est déroulée sans problème, a précisé le porte-parole d'Airbus.

Au total, 17 dirigeants anciens et actuels d'EADS (neuf Français, quatre Allemands, deux Américains, un Finlandais et un Britannique) sont mis en cause par l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme français de la Bourse, sur les conditions dans lesquelles ils ont cédé entre 2005 et 2006 des stocks-options qui leur ont rapporté d’importantes plus values.

Ils sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’informations privilégiées sur la situation du groupe avant l'annonce de nouveaux retards du programme d'avion géant A380 d'Airbus, qui avait fait plonger le titre EADS en Bourse. Informations qui leur auraient permis de vendre leur titre au cours le plus élevé et donc de s’enrichir personnellement. Il y a déjà eu 5 mises en examen dans ce dossier.

M. Enders, ancien co-président d'EADS, a vendu 50.000 actions EADS issues de ses stock-options en novembre 2005 et en a retiré environ 711.750 euros, selon un rapport de l'AMF.

Selon Le Nouvel Observateur l'audition de Thomas Enders est le signe que la procédure instruite par la juge Xavière Siméoni touche à sa fin. Il cite une source judiciaire affirmant qu'elle devrait s'achever juste avant le début du Salon aéronautique du Bourget qui commence le 15 juin et dure jusqu'au 21 juin.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole d'Airbus n'a pas voulu préciser combien de dirigeants avaient déjà été entendus.

Le 13 juillet 2008, Thomas Enders avait estimé que l'enquête sur les délits d'initiés présumés contre les dirigeants de EADS était un "procès joué à l'avance. Du mauvais théâtre".

Le 24 juillet 2008, l'un de ses compatriotes, le patron du site EADS de Dresde (est de l'Allemagne), Andreas Sperl, inculpé à Paris pour "délits d'initié", avait vivement mis en cause la justice française dans une interview à la presse allemande, affirmant avoir été traité comme "un grand criminel".

Placé en garde à vue pendant 48 heures, il avait assuré: "Les conditions de détention sont inhumaines pour un témoin".

"J'ai été appelé en tant que témoin et je suis venu de mon plein gré car je n'ai rien à cacher", avait-t-il poursuivi. "Je m'étais imaginé qu'un avocat pourrait être là lors de l'audition, qu'un traducteur spécialisé serait là et que je serais traité humainement", avait encore indiqué M. Sperl.

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