IMMIGRATION

L'ONU ouvre un centre d'information destiné aux réfugiés de Calais

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés ouvrira un bureau d'information pour les demandeurs d'asile à Calais, le 3 juin. La plupart des migrants qui s'y rendent n'ont pourtant qu'un seul rêve : gagner le Royaume-Uni...

Publicité

Le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’apprête à ouvrir une antenne dans le port français de Calais pour informer les migrants sur la façon dont ils peuvent obtenir l’asile politique en France, a indiqué à FRANCE 24 Marie-Ange Lescure, la porte-parole de l'organisation.

 

S’ils le souhaitent, les sans-papiers qui affluent dans cette petite ville du nord de la France peuvent demander le statut de réfugié politique dans le pays, mais la plupart d’entre eux viennent ici pour tenter d’entrer - illégalement - au Royaume-Uni.

 

Calais est le point de passage le plus utilisé par les migrants qui, après avoir traversé l’Union européenne, veulent traverser la Manche.

 

Reste que demander l’asile politique en France est un processus relativement complexe.

 

"Un demandeur d'asile dispose de 21 jours pour remplir un formulaire dans un français impeccable. Il est très difficile de le faire dans la 'jungle' (surnom donné aux camps de fortune des clandestins qui échouent à Calais, NDLR) sous la pression des passeurs", explique Marie-Ange Lescure.

 

Des centaines d'Afghans, Kurdes et autres Érythréens vivent dans des camps installés dans la campagne calaisienne, dans l'attente de pouvoir se cacher dans un camion en partance pour l'Angleterre.

 

"La porte s'est ouverte, on l'a bloquée"

 

Au cours d’une visite dans la région au mois d’avril, le ministre français de l’Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, Éric Besson, a fait part de son intention d’évacuer et de boucler la "jungle" de Calais.

 

Pour accompagner cette fermeture, Éric Besson a par ailleurs annoncé une série de "mesures humanitaires", dont la possibilité pour les migrants de demander l’asile à la France.

 

Pour le HCR, il s’agit d’une opportunité à saisir : "La porte s’est ouverte. On l’a bloquée avec notre pied", assure Marie-Ange Lescure.

 

Pour elle, les passeurs font miroiter aux clandestins le mirage d’une vie meilleure en Europe, qui paient souvent le prix fort pour avoir le droit de tenter leur chance de la rejoindre.

 

Toutefois, les immigrés sont conscients des difficultés qui les attendent à l’issue de leur voyage, selon les associations d’aide aux clandestins implantées à Calais.

 

"Ils ne s’imaginent pas trouver l’Eldorado en Angleterre. Mais ce pays continue de les attirer parce qu’ils parlent un peu l'anglais et qu’ils savent qu’ils pourront toujours y trouver du travail payé au noir", raconte à FRANCE 24 Sylvie Copyans, membre de Salam, une association d’aide aux migrants.

 

Celle-ci salue l’ouverture d’un bureau du HCR à Calais, mais attend de voir s’il sera vraiment utile. Elle s’inquiète aussi du nombre de places disponibles dans les centres d’hébergement pour demandeurs d’asile dans la région, qui ne seraient pas assez grands pour faire face à de nouvelles régularisations.

 

"Ce n’est pas vrai, répond Marie-Ange Lescure, avant d'ajouter : Si un migrant devient un demandeur d’asile, les ONG parviennent toujours à lui trouver une place."

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine