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Rencontre avec le président somalien, un homme traqué

Il est l’homme le plus protégé de Somalie, celui dont les milices islamistes radicales ont juré la perte : le président Sharif Cheikh Ahmed. Rencontre exclusive au palais présidentiel, régulièrement visé par les attaques des Shebab.

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La Villa Somalia est probablement le lieu le mieux gardé de Mogadiscio, la capitale somalienne. Et pour cause : c’est là que se trouve le siège du gouvernement fédéral de transition mis en place il y a quatre mois et dirigé par le président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier.

 

C’est ce bâtiment que les milices islamistes, opposées au gouvernement de transition, assiègent avec violence.

 

Samedi 23 mai, les insurgés ont tiré des obus de mortier sur le palais présidentiel. Depuis le 7 mai, les insurgés ont lancé une offensive sans précédent à Mogadiscio. Elle est menée par la milice "Hezb al-Islamiya" du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et les islamistes radicaux des Shebab. En deux semaines, l’offensive a coûté la vie à plus de 200 personnes, en majorité des civils.

 

Tout le quartier est bouclé par les soldats de l’Amisom, la force de paix de l’Union africaine en Somalie.

 

Il n’y a que dans son bureau de la Villa Somalia que le président Sharif Cheikh Ahmed se sent en sécurité.

 

Face au regain de violences des insurgés islamistes, il accuse aujourd’hui le pays voisin, l’Érythrée.

 

"Nous savons que la plupart des armes des milices viennent d'Érythrée. Ces groupes n'ont jamais caché leur affiliation à Al-Qaïda et à l'Érythrée. La présence de combattants étrangers en Somalie est confirmée par mes services. Ils veulent déstabiliser encore davantage le pays pour en faire leur base pour attaquer le monde."


Le président Sharif Cheikh Ahmed était, hier, l’un des leaders des tribunaux islamiques. Le voilà aujourd’hui devenu la cible des radicaux.


Derrière les barrières et barbelés des troupes de l’Union africaine, Sharif Cheikh Ahmed affirme ne pas avoir peur de ceux qui ont juré sa perte. "Je me sens à l'abri, en sécurité, ici. C'est la propagande d'Al-Qaïda qui dit que je suis en danger. Mais je n'ai pas peur."

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