AUTOMOBILE

Toujours pas d'accord sur Opel, Berlin critique Washington

Les négociations pour la reprise du constructeur Opel entre General Motors - sa maison-mère -, les autorités américaines et le gouvernement allemand traînent en longueur. Berlin se dit "surpris" et "déçu" par l'attitude des Américains.

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REUTERS - Une nuit de négociations n'a pas permis au gouvernement allemand de mettre au point un accord pour la reprise d'Opel, filiale allemande de General Motors.

Après plus de douze heures de négociations, les ministres allemands de l'Economie et des Finances ont annoncé jeudi que la bataille pour la reprise du constructeur se jouerait désormais entre deux acteurs, l'italien Fiat et le canadien Magna.

Mais ils se sont plaints surtout de l'attitude de General Motors et du Trésor américain qui n'ont pas fourni de garanties sur la protection d'Opel en cas de dépôt de bilan de GM, qui semble désormais inéluctable.

"Nous avons fait des demandes au Trésor américain et nous attendons des réponses d'ici vendredi. Nous aurons besoin de ces réponses pour nous mettre d'accord", a expliqué le ministre de l'Economie, Karl-Theodor zu Guttenberg. "Nous avons pas encore les garanties nécessaires pour nous engager sur un prêt-relais.

"Le choix d'un repreneur pour Opel et la conclusion d'un accord pourraient prendre plusieurs mois, alors que le dépôt de bilan de General Motors est annoncé pour les jours qui viennent.

Pour protéger Opel, l'Allemagne a mis au point un prêt-relais de 1,5 milliard d'euros. Mais il a lié cette aide à un accord entre GM et Washington pour que les actifs d'Opel soient temporairement placés dans une fondation, afin que les brevets et la technologie de la filiale soient protégés des créanciers de General Motors.

Le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a espéré qu'un accord de sauvetage d'Opel pourra être finalisé vendredi. Il n'a toutefois pas caché "ses surprises et sa déception" dans ses discussions avec les négociateurs américains. GM, a-t-il dit, a choqué les participants en annonçant qu'il avait besoin de 300 millions d'euros de fonds supplémentaires à court terme.

"On peut dire qu'une grosse partie des problèmes cette nuit est venue des nouveaux chiffres annoncés par General Motors et d'une position de négociation pas très conciliante des Américains, du Trésor américain", a renchéri Roland Koch, le ministre-président du Land de Hesse, où Opel a son siège.

La holding RHJ hors course

Guttenberg a souligné que la faillite d'Opel restait une option si les négociateurs américains refusent de bouger.

A l'issue de la réunion, Steinbruck a déclaré que la holding RHJ, l'un des trois candidats à la reprise d'Opel, était hors course. Le quatrième candidat, le chinois Beijing Automotive Industry Corp (BAIC), peut toujours rester en lice à condition de présenter une offre plus détaillée, a-t-il ajouté.

Même si GM a le dernier mot sur le repreneur d'Opel, le gouvernement allemand joue un rôle crucial dans le processus de vente car il a été sollicité pour verser plusieurs milliards d'euros de garanties de prêts en cas d'accord.

Opel emploie 25.000 personnes en Allemagne, sur quatre sites, et son sort est devenu l'un des thèmes de la précampagne des élections législatives du 27 septembre.

Comme sa maison-mère General Motors, qui l'a rachetée en 1929 lors de la Grande Dépression, Opel a été sévèrement affectée par le ralentissement économique mondial.

Fiat a présenté un plan ambitieux pour regrouper Opel et les autres marques européennes de GM Vauxhall et Saab au sein d'un grand groupe aux Etats-Unis qui inclurait également Chrysler.

Magna, un fabricant de pièces détachées, compte sur Opel et les autres marques GM pour mener une percée sur le marché russe.

Vendre Opel est une priorité pour General Motors, qui a été maintenue en activité depuis le début de l'année grâce à 19,4 milliards de dollars de fonds fédéraux.

Le rejet par les créanciers obligataires de GM d'une proposition pour échanger leurs titres contre des actions afin de désendetter le groupe a ouvert la voie à un dépôt de bilan d'ici au 1er juin. Il s'agirait de la plus grosse faillite dans l'histoire industrielle des Etats-Unis.

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