FRANCE

Échec des négociations entre les producteurs de lait et les industriels

Industriels et producteurs de lait ne sont parvenus à aucun accord lors d'une rencontre organisée jeudi, à Paris. Les négociations, qui butent sur la fixation d'un prix moyen annuel, reprendront mardi avec une "réunion de la dernière chance".

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AFP - Les négociations sur le prix du lait pour l'année 2009 qui se sont tenues jeudi entre producteurs et industriels ont échoué, et une "réunion de la dernière chance" aura lieu mardi prochain, a indiqué dans la soirée la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

La FNPL a appelé ses adhérents à maintenir la pression sur le terrain, à l'issue d'une réunion de cinq heures (bien cinq heures) qui s'est tenue jeudi après-midi à Paris.

Cet échec intervient alors que le gouvernement avait mis tout son poids dans les négociations en nommant deux médiateurs pour tenter de trouver une issue à la crise d'ici la mi-juin.

Lors de la réunion, les producteurs ont demandé un prix moyen annuel pour 2009 de 305 euros pour mille litres alors que les industriels en proposaient 267 à 268 euros, selon Henri Brichart, président de la FNPL.

A l'issue d'une suspension de séance, "les producteurs ont accepté de faire un geste à 290 euros mais les industriel ont refusé tout mouvement", a-t-il regretté.

Compte-tenu de "l'extrême gravité" de la situation sur le terrain, les participants ont décidé de se revoir mardi pour "une réunion de la dernière chance".

La Fédération nationale des industries laitières (Fnil) a pour sa part salué une "reprise des discussions", estimant qu'il "s’agit là d’un premier pas constructif". Elle souligne cependant "qu’aucune solution durable ne pourra se faire jour en dehors des réalités économiques".

"Les discussions sur le court terme" sont "délicates", a reconnu pour sa part la fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), appelant à ce que tout soit "mis en oeuvre pour surmonter les dernières difficultés mardi prochain".

La médiation doit permettre de fixer les prix du lait à court terme et à plus longue échéance, en tentant de fixer un nouveau cadre juridique de négociations.

Les producteurs dénoncent la chute de 30% des prix du lait collecté en avril, une baisse décidée par les industriels qui font valoir la chute des prix des produits industriels (poudre de lait et beurre) sur les cours mondiaux.

Le Premier ministre François Fillon a rencontré mercredi une délégation de producteurs au Mans. Auparavant, lors d'une réunion électorale, il n'avait pas ménagé les entreprises, qualifiant d'"inacceptable" le prix qui leur est versé et "qui ne rémunère même pas le travail et les investissements".

De même, il avait considéré "inacceptable" que "les éleveurs soient obligés de livrer leur lait sans savoir à quel prix il est payé".

Les producteurs sont rémunérés le mois suivant les livraisons. C'est en prenant connaissance à la mi-mai du montant de leur paye pour le lait livré en avril que le mouvement de colère à pris forme et entrainé le blocage de nombreuses laiteries et grandes surfaces.

Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier et le secrétaire d'Etat à la consommation Luc Chatel ont appelé les négociateurs à "sortir rapidement de la crise".

Ils ont redéfini le cadre dans lequel pourrait être fixé le prix du lait. Le Cniel (centre national interprofessionnel de l'économie laitière qui regroupe producteurs, industriels et coopératives) se voit réaffirmer son "rôle central".

Il pourra établir des "indices de prix", permettant "d'éclairer les acteurs de la filière", la négociation relevant ensuite de la relation entre producteurs et entreprises qui serait matérialisée par un contrat. Le Cniel aurait aussi pour mission d'élaborer des contrats-types.
 

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