OSSÉTIE DU SUD

Le parti soutenant le président en tête des législatives

Selon les résultats basés sur près de 60 % des bulletins de vote, le parti Unité, partisan du président sud-ossète Edouard Kokoïty (photo), recueillerait 48,04 % des voix. Le Parti du Peuple, également pro-Kokoïty, obtiendrait 18,47 %.

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AFP - Le parti Unité, partisan résolu du président d'Ossétie du Sud Edouard Kokoïty, était en tête aux élections parlementaires dimanche dans cette région géorgienne séparatiste pro-russe, un scrutin qualifié d'"illégal" par l'opposition, selon des résultats préliminaires.

L'enjeu du scrutin, outre la reconstruction de ce petit territoire de 50.000 habitants, est l'avenir de son président, ancien champion de lutte qui cherche à s'assurer une large majorité au Parlement afin de pouvoir amender la Constitution et briguer un nouveau mandat en 2011.

Selon ces résultats initiaux reposant sur près de 61% des bulletins de vote dépouillés, le parti Unité recueillait 48,04 % des voix, et le Parti du Peuple, également loyal à M. Kokoïty, en obtenait 18,47 %, a annoncé la Commission électorale centrale de l'Ossétie du Sud.

Les communistes étaient en deuxième position avec 23,51 % des suffrages.

Les résultats définitifs de ce scrutin étaient attendus pour 06H00 GMT lundi.

Le taux de participation s'était élevé à 75,39% à 18H00 heure locale (14H00 GMT) deux heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Quatre partis politiques étaient en lice pour les 34 sièges au Parlement, deux autres, non loyaux à M. Kokoïty, n'ayant pas été enregistrés par la Commission électorale centrale.

"Je vais rester à la maison. Rien ne dépend de nous", a lancé Alan Gassiev, dirigeant de l'opposition pour qui le scrutin est "complètement illégal".

"S'il veut modifier la Constitution, c'est une très mauvaise chose", déclare Grigory Dzassokhov, 55 ans, ancien professeur d'histoire.

"C'est un non-sens. Est-ce une démocratie ?", s'interroge-t-il.

Interrogé par l'AFP, M. Kokoïty n'a pas exclu une telle possibilité tout en soulignant qu'il était trop tôt d'en parler.

"Il nous reste deux ans et demi et beaucoup de choses à faire. Je n'y pense pas encore", a-t-il déclaré.

"Après ce qui s'est passé en août, nous avons besoin de trois à quatre ans pour tout reconstruire", a-t-il ajouté.

L'opposition locale, également pro-russe, accuse le président de détourner les fonds envoyés par Moscou pour reconstruire la république.

Moscou a budgété plus de dix milliards de roubles (230 millions euros) d'aides pour l'Ossétie du Sud, mais les autorités ossètes affirment n'avoir dépensé que 1,5 milliard de roubles, et les habitants vivent toujours dans les ruines.

M. Kokoïty rejette ces accusations comme étant de la propagande géorgienne.

Mais le Kremlin semble aussi montrer des signes d'impatience devant une situation qui pourrait devenir embarrassante pour Moscou. Le chef de l'administration présidentielle, Sergueï Narychkine, a ainsi jugé que l'Ossétie du Sud ne devait pas amender da Constitution pour permettre à une même personne de faire plus de deux mandats.

Le ministre géorgien de la Réintégration Temour Iakobachvili interrogé dimanche par l'AFP a qualifié ces élections de "farce" et de "clownerie".

"Comment une élection peut-elle être organisée sur un territoire où un nettoyage ethnique a eu lieu récemment ?", s'est-il interrogé.

Les électeurs pouvaient faire leur choix dans 88 bureaux de vote en Ossétie du Sud et dans des bureaux de vote supplémentaires ouverts dans la république voisine russe d'Ossétie du Nord et à Moscou.

"Kokoïty fait tout ce qu'il peut, mais nous attendons quelque chose de mieux", a dit à l'AFP Anjela Tedeïeva, institutrice de 32 ans. Le jardin d'enfants, où elle a travaillé, a été détruit pendant la guerre et n'a jamais été reconstruit.

Plus de 80 observateurs étrangers ont surveillé le déroulement du scrutin, selon la Commission électorale centrale. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n'a pas envoyé d'observateurs en Ossétie du Sud, la république n'étant pas reconnue neuf mois après la guerre russo-géorgienne, sauf par la Russie et le Nicaragua.

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