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Dix mois après le coup d'État, signature d'un accord de sortie de crise

Après avoir obtenu la libération de Yahya Ould Ahmed Waghf (photo), le Premier ministre renversé par le putsch du 6 août, l'opposition a conclu un accord avec le gouvernement prévoyant la formation d'un gouvernement d'unité nationale.

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AFP - Un accord crucial de sortie de crise en Mauritanie a été signé jeudi soir à Nouakchott, quasiment 10 mois après le coup d'Etat, mais la solennité de la cérémonie a été gâchée par les cris incessants des partisans du général ayant mené le putsch.

Cette signature concluait un processus de difficiles négociations menées à l'initiative du Sénégal voisin, sous l'égide de la communauté internationale.

L'accord prévoit la démission volontaire du président renversé le 6 août 2008 par les militaires, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et la formation d'un gouvernement d'unité nationale, avant un scrutin présidentiel le 18 juillet.

Il a été signé par les représentants de trois grands pôles: la coalition de partis dénonçant le coup d'Etat, la formation d'opposition d'Ahmed Ould Daddah et le parti du général Aziz, désormais candidat à la présidence.

Le président déchu ne participait pas à cette cérémonie. Mais le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade, venu spécialement pour l'évènement, lui a rendu un "hommage" appuyé, évoquant son "grand patriotisme".

S'adressant aux Mauritaniens, M. Wade a déclaré: "Vous étiez dans une situation de prise du pouvoir par un groupe militaire, ce qu'on appelle un coup d'Etat, et par la force du dialogue, nous avons pu rétablir l'ordre républicain grâce à l'abnégation du président Sidi Ould Cheilh Abdallahi".

"Simplement, il a compris - ce que beaucoup de chefs d'Etat ne veulent pas comprendre - qu'entre le pouvoir et le peuple, il y avait quand même un écart. Et il a accepté qu'on consulte à nouveau le peuple sur le pouvoir. C'est un grand geste", a-t-il jugé.

M. Wade n'a, en revanche, fait que mentionner Mohamed Ould Abdel Aziz dans ses "remerciements" aux leaders politiques ayant fait des concessions pour que l'accord aboutisse.

L'ex-chef de la junte, qui comptait initialement se faire élire président samedi prochain, au cours d'un scrutin boycotté par l'opposition, avait finalement suspendu sa campagne mercredi.

Pendant toute la cérémonie au palais des congrès, des dizaines de femmes disséminées dans l'assistance ont couvert les discours de leurs cris "Aziz! Aziz!". Les partisans du général brandissaient ses affiches électorales.

Un négociateur du Front anti-putsch, interrompu par les hurlements, a protesté en disant: "N'importe qui aurait pu remplir la salle".

Quant au général Aziz, il est resté quasiment impassible sur la scène, et n'a pas pris la parole. Mais son représentant, Sid Ahmed Ould Rayess, a affirmé: "nous allons nous employer à mener cette transition apaisée, ensemble, avec toutes les forces politiques, et ensemble, nous allons aller à des élections transparentes dont nous respecterons les résultats".

Au nom du président de l'Union africaine Mouammar Kadhafi - qui avait clairement pris parti pour le général Aziz - le Libyen Mohamed Al-Madani Al-Azhari, a déclaré: "La victoire du 18 sera celle du peuple libre de Mauritanie, je vous assure que nous serons toujours au côté de ce peuple et du pouvoir qui sortira de ces élections".

Quant au représentant onusien Saïd Djinnit, il a adressé aux Mauritaniens "les félicitations" du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon.

Le pays sahélo-saharien aux 3 millions d'habitants, qui n'exporte quasiment que du poisson et du fer, ne percevait plus certains financements depuis la condamnation internationale du coup d'Etat.

Mais Le Quotidien de Nouakchott annonçait jeudi en Une: "La Mauritanie se réconcilie avec elle-même et avec la communauté internationale".

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