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La 53e Biennale de Venise, entre création et destruction

La 53e Biennale de Venise, l'une des plus prestigieuses manifestations artistiques au monde, s'ouvre ce dimanche avec 90 créateurs présentant leurs œuvres sur le thème : "Construire des mondes." À chacun sa vision des choses...

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AFP - "Construire des mondes": c'est le vaste défi relevé par 90 artistes qui présentent à partir de ce dimanche à la 53e Biennale de Venise leurs oeuvres avant-gardistes, loufoques ou très sérieuses, dans la cité lacustre transformée en capitale de l'art contemporain.

En réinventant l'espace, en le peuplant, en l'éteignant ou le filmant en silence, les artistes sélectionnés - venus des îles Samoa, d'Israël ou encore de Chine - ont chacun à leur manière répondu au mot d'ordre du jeune directeur de cette Biennale d'art, le philosophe et critique d'art suédois Daniel Birnbaum, 46 ans.

Et pour "construire", mieux vaut parfois détruire l'existant pour repartir sur de nouvelles bases: à l'instar de l'Italien Michelangelo Pistoletto dont la performance a été de casser avec une masse dix-sept énormes miroirs, qui gisent brisés à l'entrée de l'exposition (7 juin-22 novembre).

Des miroirs aussi, mais découpés en fines lamelles par l'artiste des Samoa Richard Wentworth qui y a suspendu des cannes noires. Juste à côté, un mur de pare-chocs clinquants de l'Indienne Sheela Gowda sont attachés avec des dizaines de mètres de tresses de cheveux que des femmes ont sacrifiés lors de coupes rituelles.

"Le temps et l'espace de l'artiste sont quelque chose de particulier, dont le centre est l'artiste lui-même. L'art se développe dans le temps d'une façon qui ne se mesure pas avec une horloge, la temporalité n'est pas la même", a résumé jeudi Daniel Birnbaum lors de la conférence de presse de présentation.

Pour lui également, "une oeuvre d'art est plus qu'un objet, plus qu'une marchandise. Elle représente une vision du monde, et si on la prend au sérieux, elle peut être considérée comme une manière de construire des mondes".

Une édification que deux artistes ont décidé de placer sous le signe de Bouddha et de sa sagesse.

Le Chinois Huang Yong Ping présente ainsi deux énormes "Mains de bouddha" qui ressemblent à de gros poulpes aux longues tentacules, tandis que le Tibétain Gonkar Gyatso dessine une énorme tête de bouddha auréolée de milliers de stickers colorés, minuscules photos, coupures de journaux ou symboles divers.

Dans une salle voisine qui reproduit l'intérieur d'un appartement, la lumière s'éteint pour laisser place à des dizaines de veilleuses produites par les appareils ménagers, l'ordinateur, l'imprimante, etc. Quelques pas plus loin, de petits dirigeables de carton suspendus au plafond semblent scruter le visiteur d'un air inquisiteur.

"La Biennale n'est pas là pour être aimée mais pour être discutée, et si les gens reviennent, c'est ce qu'on pouvait espérer de mieux", a estimé Daniel Birnbaum.

Cette 53e édition bat d'ores et déjà tous les records avec la participation, en parallèle à la Mostra thématique, de 77 pays qui exposent dans leurs pavillons des artistes nationaux.

Samedi soir, lors de la fête d'inauguration de la Biennale, deux lions d'or pour leur carrière seront remis à la Japonaise Yoko Ono et l'Américain John Baldessari, artistes avant-gardistes dont le travail a "révolutionné le langage de l'art".

Samedi également ouvrira au public le nouvel espace d'exposition du milliardaire français François Pinault, la "Pointe de la Douane", d'anciens entrepôts entièrement restructurés situés à l'embouchure du Grand Canal qui abriteront une partie de la riche collection d'art de l'homme d'affaires.

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