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Des opposants à Mugabe dans le box des accusés

Accusés d’avoir voulu renverser le président Robert Mugabe, des sympathisants et des élus de l'ancien parti d'opposition doivent répondre de leur actes devant des juges. Notre correspondante Caroline Dumay les a rencontrés.

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Au Zimbabwe débute une série de procès contre des civils accusés d’avoir voulu renverser le président Robert Mugabe. Il s’agit de sympathisants ou d’élus du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai, ou encore de militants des droits de l’Homme. Tous sont soupçonnés par le pouvoir d’avoir recruté et entraîné militairement des jeunes en dehors du Zimbabwe pour mettre fin au régime Mugabe.

 

Enlevés, emprisonnés et torturés, ces hommes et ces femmes doivent désormais faire face à leurs juges. Sur le banc des accusés, Fidelis Chiramba s’accroche à son innocence. "S’il y a une justice, nous devrions nous en sortir. Car nous n’avons commis aucun crime", clame cet homme de73 ans qui refuse qu’on le prenne pour un terroriste.

 

Un frère comme témoin à charge

 

Même réaction pour Violet Mupfuranehwe. Cette jeune femme a été emprisonnée pendant plusieurs mois avec son fils de 2 ans. Elle vient d’apprendre que son frère sera témoin à charge. "En fait, mon frère a été enlevé en même temps que nous, et a sûrement été battu. Toute la famille a subi le même sort. Ma mère a aussi été enlevée et battue. Pareil pour ma tante. Alors ça m’inquiète de me retrouver contre mon frère à ce procès. Je sais qu’on l’oblige à mentir."

 

Le point commun des accusés : tous appartiennent au MDC, le parti de Morgan Tsvangirai. Concilia Chinanzavana, l’une des accusées, a même été élue aux dernières élections. Pour elle, ce procès est monté de toutes pièces. "Ici, nous sommes à Zvimba. Et Zvimba, c’est vraiment le fief du Zanu-PF, le parti présidentiel. En fait, c’est de cette région qu’est issu le chef de l’Etat Mugabe. Alors ils ne peuvent pas supporter qu’on les conteste, ici, chez eux. En fait, ils détestent ça."

 

Cela fait pourtant plus de trois mois qu’un gouvernement d’union nationale dirige le pays. Mais les membres de l’ex-opposition sont toujours inquiets. Si leur procès tourne à la mascarade, il n’y aura pas beaucoup d’espoir pour l’avenir du pays.

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