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La journée d'action intersyndicale peine à mobiliser

Les dirigeants syndicaux français souhaitent "maintenir la pression" sur le gouvernement et le patronat en organisant une nouvelle journée de manifestation nationale avant les vacances d'été. Sans parvenir à mobiliser.

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AFP - Des manifestations intersyndicales ont débuté dans plusieurs villes samedi matin, dans le cadre d'une journée d'action marquée par une participation très nettement plus faible que précédemment mais qui doit permettre aux syndicats de prendre date pour la rentrée.

Cette cinquième journée de mobilisation depuis le début de la crise, la dernière avant les vacances estivales, vise à infléchir la politique anti-crise du gouvernement et à faire pression sur le patronat, mais elle se déroule dans un climat moins unitaire que les précédentes, FO ayant pris ses distances avec les journées d'action à répétition.

Convoquée par le "G8 syndical" (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa), elle bénéficie de la sympathie de l'opinion. 74% des Français trouvent ce mouvement justifié, mais seulement un tiers pense qu'il pourrait inciter le gouvernement à modifier sa politique, selon un sondage BVA.

Les premières tendances montraient toutefois, partout, une participation fortement en recul par rapport au 1er mai, dernière journée d'ampleur avec près de 1,2 million de manifestants (456.000 selon la police).

A Rennes, les manifestants étaient de 800 à 2.000 selon les sources et se sont contentés d'un sit-in. Démobilisation aussi à Toulouse (2 à 6.000 contre 15.000 à 30.000), Bordeaux (1.500 à 8.000 contre 13.500 à 50.000), Roanne (4 à 800 contre 3.500 à 8.000), Le Mans (650 à 1500 contre 6.000 à 15.000), Avignon (un millier contre 3.300 à 6.000), Reims (6 à 700 contre 2.500 à 3.200). 155 cortèges sont prévus samedi, contre 280 le 1er mai.

A Paris, le cortège, avec tous les dirigeants syndicaux en tête, doit s'ébranler à 14H00.

Le numéro un de la CFDT François Chérèque a reconnu samedi "une usure des salariés". "Mais notre responsabilité est d'apporter des réponses", a-t-il dit, d'autant que "la situation sociale va s'aggraver à la rentrée" avec l'arrivée des jeunes sur le marché du travail.

Les seules perturbations concernent la presse. Les quotidiens nationaux n'ont pas paru, de même que certains régionaux comme Sud-Ouest et l'Alsace.

Selon le secrétaire général de l'Unsa (syndicats autonomes) Alain Olive, qui a critiqué un gouvernement "trop attentiste", cette journée du 13 juin "est une préparation de la rentrée, parce qu'à la rentrée le gouvernement devra prendre des mesures sur le chômage, le temps partiel, les salaires, etc.".

Son homologue de FO Jean-Claude Mailly a pris ses distances avec cette initiative, dont il est toutefois co-organisateur, en déclarant que le rôle des syndicats n'était pas d'être "des GO du social" et que les manifestations répétées ne permettaient pas "de faire bouger le gouvernement". FO devait être absente des défilés dans un département sur deux.

François Chérèque (CFDT) lui a répondu samedi en priant les syndicats de ne pas "se chamailler" et d'"assumer les décisions" prises en commun face à un gouvernement dont le bilan est "insuffisant". Bernard Thibault a dit "regretter" l'attitude de FO portant selon lui "atteinte à (la) crédibilité" syndicale.

Les dirigeants syndicaux doivent faire début juillet avec le président Nicolas Sarkozy "un bilan d'étape" des mesures gouvernementales contre la crise, tandis qu'un nouveau cycle de discussions avec le patronat a commencé mercredi.

Une moindre mobilisation samedi ne signifiera pas que le gouvernement sera "sorti d'affaire", selon M. Thibault qui prédit que "le climat revendicatif se poursuivra cet été". Quant à M. Chérèque, il décèle toujours des "risques d'embrasement" dans les entreprises et chez les jeunes.

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