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"Les Iraniens refusent l'affrontement avec l'Occident"

Pour Karim Lahidji, vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), les manifestations organisées au lendemain de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad témoignent d'un véritable ras-le-bol.

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FRANCE 24 - Quelle est la situation actuelle en Iran ?

 

Karim Lahidji - Aujourd’hui, j’ai reçu par mail un communiqué signé par la "cellule réformatrice du gouvernement" et qui a été diffusé sur Internet par la suite. Il présente "les résultats officiels" de l'élection présidentielle. Selon le document, Mir Hossein Moussavi serait arrivé en première position, Mehdi Karoubi en deuxième et Mahmoud Ahmadinejad n’aurait récolté que 5 millions des voix et occuperait donc la troisième place. On apprend également qu’il devait y avoir un deuxième tour entre Moussavi et Karoubi.

Je peux vous affirmer que la majorité de la population iranienne, tout du moins dans les grandes villes, ne veut plus de Ahmadinejad et le font savoir.

Hier, j’ai reçu des coups de fils de trois de mes proches qui m’ont affirmé que les manifestations se sont poursuivies même après minuit, ils ont entendu des coups de feu et m’ont assuré qu’il y avait des blessés. Ce matin, la chaîne de télévision américaine CNN a parlé d’un mort. Il y a eu des incendies, des échauffourées, des magasins saccagés… Ce sont surtout des jeunes hommes et femmes qui descendent dans la rue aujourd’hui. Ce sont les premiers touchés par les problèmes qui rongent l'Iran, le chômage, la drogue, la criminalité...

 


F24 - Que revendiquent exactement ces manifestants ?

 

K. L. - Près de 80 % de la population des grandes villes sont contre Ahmadinejad et ses provocations à l’égard de la communauté internationale. Les Iraniens savent ce qui se passe en Afghanistan et en Irak après l’intervention des forces étrangères dans ces pays. Ils ne veulent pas aller à l’affrontement avec d’autres pays et craignent des sanctions économiques. Certes, les Iraniens restent très chauvins, ils défendent le programme nucléaire ainsi que la grandeur de la République islamique, mais pas à n‘importe quel prix. Ils souhaitent atteindre leurs objectifs par le biais du dialogue et de la concertation plutôt que par la politique de force menée par Ahmadinejad.

 

 

F24 - Comment sera, selon vous, le deuxième mandat de Mahmoud Ahmadinejad ? Ces manifestations l’inciteront-elles à changer sa politique ?

 

K. L. - Ahmadinejad restera sur la même ligne. C’est un jusqu’au-boutiste. Il ne croit pas à la possibilité d’une intervention américaine ou étrangère en Iran. Il pense que les Américains n’ont pas les mains libres actuellement parce qu’ils sont occupés par l’Irak, l’Afghanistan… La seule menace pour l'Iran serait des sanctions économiques portées à son encontre. Le président iranien aime toutefois à rappeler que Fidel Castro a résisté aux sanctions durant 40 ans . Il est certain que Ahmadinejad va continuer sa stratégie de provocation à l’égard de l’international. Et il est prêt à en payer le prix.
 

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