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Véronique Courjault condamnée à huit ans de prison pour infanticides

La cour d'assises d'Indre-et-Loire a condamné à huit ans de prison Véronique Courjault pour avoir tué à la naissance trois de ses enfants entre 1999 et 2003. Elle est incarcérée depuis octobre 2006.

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REUTERS - Après un dernier regard à son mari et avoir touché la main d'une de ses soeurs, Véronique Courjault en larmes a quitté son box, condamnée jeudi par la cour d'assises d'Indre-et-Loire à huit ans d'emprisonnement pour des infanticides commis sur trois de ses nouveau-nés.

Après presque huit heures de délibéré, l'accusée, âgée de 41 ans, était pourtant restée impassible à l'énoncé du verdict, de même que son mari Jean-Louis, assis en face d'elle.

Jugée pour "assassinats", elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Mais elle pourrait sortir bien plus tôt, selon plusieurs avocats.

"A l'évidence, c'est une décision d'espoir à partir du moment où une condamnation permet de calculer une libération en mois", a déclaré à la presse Me Marc Morin, conseil des parties civiles.

Selon une des avocates de l'accusée, Me Hélène Delhommais, Véronique Courjault pourrait en effet être libérée assez rapidement. "Noël, c'est trop tôt, (elle fera) au moins un an de détention", a-t-elle dit à l'AFP.

"C'est une peine qui va nous permettre de reconstruire, d'entrevoir le bout du tunnel. Je viens de l'annoncer à mes enfants et je peux vous assurer qu'il y a de la joie à la maison", a indiqué de son côté Jean-Louis Courjault.

Quant à l'accusée, réincarcérée à la maison d'arrêt d'Orléans, "elle est apaisée", a-t-il ajouté.

"C'est un verdict mesuré, mais je ne peux pas dire excellent alors qu'elle a été condamnée pour assassinats et que je considère qu'il n'y a pas préméditation", a estimé pour sa part Me Henri Leclerc, avocat de la défense.

La cour a en effet retenu la préméditation pour les deux derniers infanticides commis en Corée du Sud en 2003 et 2004 mais pas pour celui commis en 1999 en Charente-Maritime.

Pour l'avocat général Philippe Varin, en revanche, "c'est un bon arrêt". "C'est une décision qui convient à l'accusation, qui paraît satisfaire l'ensemble des parties", a-t-il dit à l'AFP. Il avait requis la veille 10 ans de prison.

Le parquet a dix jours pour faire appel.

"J'ai eu conscience d'être enceinte, cette conscience, je l'ai perdue à un moment. Pour moi, je n'attendais pas de bébé", a rappelé tout au long du procès Véronique Courjault à propos des faits qui lui sont reprochés.

Elle a aussi reconnu à de nombreuses reprises que les faits étaient "monstrueux et inexplicables".

"L'instruction m'a permis de prendre conscience de plein de choses, de me poser des question. Mais je n'ai toujours pas de réponse. J'espère en trouver", a-t-elle déclaré mardi, au septième jour d'un procès entamé le 9 juin.

La découverte le 23 juillet 2006 par le mari de deux bébés dans le congélateur de leur maison à Séoul avait été le point de départ de ce fait divers qui a marqué les Français.

Le couple a d'abord nié "être les parents", mais a été ensuite rapidement confondu par les tests ADN. Véronique Courjault a été incarcérée le 12 octobre à Orléans.

Devant les enquêteurs, elle a reconnu trois infanticides. Le premier sur un nouveau-né mis au monde clandestinement au cours de l'été 1999 en Charente-Maritime, les deux autres sur deux bébés nés en septembre 2002 et décembre 2003 à Séoul où son mari ingénieur travaillait pour une société américaine.

Son mari, Jean-Louis, 42 ans, a été mis hors de cause après avoir été dans un premier temps mis en examen pour "complicité d'assassinats". Sa femme a toujours dit qu'il "n'était pas au courant"

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