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Le dissident Liu Xiaobo arrêté pour incitation à la subversion

Le dissident chinois Liu Xiaobo a été arrêté pour incitation à la subversion. Depuis sa participation au mouvement de Tiananmen en 1989, Liu Xiaobo a été arrêté à plusieurs reprises pour ses critiques répétées envers Pékin.

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AFP - Militant inlassable d'une démocratisation en Chine, le dissident Liu Xiaobo a été formellement arrêté pour activités subversives, après plus de six mois d'une détention dénoncée par la communauté internationale et des défenseurs des droits de l'Homme, a-t-on appris mercredi.

Dans un communiqué cité par la presse d'Etat, la police de Pékin a annoncé que l'écrivain et ancien professeur, figure de proue du mouvement démocratique de Tiananmen de 1989 et signataire l'an dernier de la Charte 08 en faveur d'une démocratisation, avait été "arrêté mardi pour des activités telles que la propagation de rumeurs et la diffamation du gouvernement, visant à la subversion et au renversement du système socialiste".

"Il a avoué durant l'enquête préliminaire", selon la même source.

Son épouse, Liu Xia, a été officiellement informée de l'arrestation mercredi, a indiqué à l'AFP l'avocat du dissident, Mo Shaoping.

Amnesty International a aussitôt fustigé "des charges liées à la sécurité d'Etat pour punir des militants ne faisant qu'exprimer leur point de vue".

"Il s'agit d'un nouvel acte désespéré de la part d'un régime terrifié par l'opinion publique", a estimé l'organisation.

Liu, 53 ans, un des 300 signataires en décembre de la Charte 08 appelant à des réformes démocratiques, avait été interpellé le 8 décembre, en même temps que plusieurs autres militants qui s'apprêtaient à célébrer le 60e anniversaire de la déclaration des droits de l'Homme.

Ces interpellations étaient survenues à la veille d'anniversaires ultra-sensibles, comme les 20 ans de la répression des manifestations de Tiananmen, qui ont entraîné un renforcement du contrôle des dissidents et de l'internet.

Les autorités n'avaient pas divulgué depuis lors les raisons de la détention de Liu, qui s'est déroulée jusqu'à présent dans un lieu inconnu de ses proches. Son épouse Liu Xia a pu le voir deux fois, après avoir été conduite par la police dans un lieu où son époux avait été amené.

Son arrestation devrait lui valoir d'être transféré dans un centre de détention, selon Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch à Hong Kong.

Pour Mo Shaoping, les raisons invoquées par la police ne constituent pas encore une inculpation officielle. "C'est toujours un crime présumé. Il n'a pas encore été officiellement notifié par le procureur du chef d'inculpation, l'enquête est toujours en cours", a estimé Me Mo.

Une telle accusation pourrait lui valoir jusqu'à 15 ans de prison, a-t-il ajouté.

Nicholas Bequelin a estimé que "les procédures légales étaient hors de propos", dénonçant "une ligne d'assemblage pour un résultat prédéterminé".

Liu "n'a rien fait d'autre qu'exercer son droit à la liberté d'expression", a-t-il souligné.

Les autorités ont également compliqué la tâche de la défense en informant Liu Xia que son mari ne pourrait être représenté par Mo Shaoping, ce dernier étant aussi signataire de la Charte 08, a indiqué l'avocat.

Début juin, les organisations avaient déjà dénoncé le statut de Liu Xiaobo comme étant illégal, affirmant que la détention surveillée sans inculpation n'aurait pas dû excéder 6 mois.

"Légalement, une personne vivant sous surveillance peut voir ses avocats et sa famille sans la permission de la police, qui a donc agi illégalement", a aussi rappelé Me Mo.

Après son interpellation, les Etats-Unis, l'Union européenne et des intellectuels tels le Britannique Salman Rushdie ou l'Italien Umberto Eco avaient appelé à sa libération.

Exclu de l'université, Liu a déjà passé plus d'un an et demi en prison sans jamais avoir été condamné après la répression de juin 1989, puis trois ans dans un camp de rééducation "par le travail" de 1996 à 1999, pour avoir réclamé une réforme politique et la libération des anciens manifestants de Tiananmen.
 

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