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L'armée américaine entame son retrait des zones urbaines

Prévu par le pacte de sécurité signé entre Washington et Bagdad, le retrait des soldats américains stationnés dans les villes du pays débute mardi. Un repli qui constitue la première étape du départ des 130 000 GI déployés en Irak.

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Pour Bagdad, il s’agit d’une étape-clé sur le chemin du retour à la souveraineté. Pour Washington, l’événement relève plutôt d’un test grandeur nature sur la capacité des forces irakiennes à assurer la sécurité du pays. Conformément au discours prononcé par le président américain Barack Obama, le 27 février, en Caroline du Nord, et à la signature d’un pacte de sécurité entre son prédécesseur, George W. Bush, et le gouvernement irakien, à la fin de 2008, les États-Unis vont retirer toutes leurs troupes de combat des villes d’Irak, à partir de ce mardi.

 

Présentée comme la première phase du retrait total des 130 000 soldats américains stationnés dans le pays d’ici à la fin de 2011, l’opération n’est pourtant pas encore synonyme de retour à la maison pour les "boys" en poste à Bagdad, Mossoul, Kirkouk ou Baaqouba. Redéployés dans les grandes bases de l’armée américaine en Irak, ils auront désormais un rôle d’appui logistique et matériel des forces de sécurité irakiennes, qui vont devoir prouver qu’elles sont capables d’assurer, seules, le maintien de l’ordre dans les zones urbaines du pays.

 

Si le général Ray Odierno, qui dirige les forces américaines en Irak, a déclaré dimanche sur la chaîne de télévision américaine CNN que l’armée et la police locales - fortes de quelque 700 000 hommes - "sont prêt[e]s" à assumer une telle mission et que "la sécurité reste bonne", le regain de violence que connaît le pays depuis quelques semaines laisse planer le doute sur leur réelle capacité à faire front. Les 20, 24 et 26 juin, trois attentats particulièrement meurtriers - ils ont fait plus de 150 morts au total - ont touché Kirkouk et deux quartiers de Bagdad.

 

Double scénario

 

"Les troupes irakiennes ont fait un saut qualitatif et quantitatif important. Depuis 2008, elles mènent les opérations militaires de grande envergure. Toutefois, deux questions cruciales d’ordre politique demeurent : outre les problèmes récurrents engendrés par l’absentéisme et le manque de moyens, comment seront accueillis les sunnites et les membres des milices Sahwa ralliés au pouvoir dans une armée majoritairement dominée par des éléments chiites ? Et comment sera réglé le contentieux kurdo-arabe sur la ville de Kirkouk ? L’enjeu est de parvenir à faire naître un véritable sentiment d'appartenance nationale au sein de l’armée", commente Michel Goya, directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), à Paris, et auteur de "Irak, les armées du chaos", joint par FRANCE 24.

 

Preuve que l’anxiété est de mise dans les rangs irakiens : toutes les permissions accordées aux forces de sécurité ont été annulées et l’état d’alerte déclenché, à 48 heures de l’événement. "La situation ressemble un peu à celle de la fin de 2005. Deux scénarios sont alors possibles", reprend Michel Goya. Le premier, le plus pessimiste, considère que Washington se fourvoie une nouvelle fois en imaginant que le retour au calme est lié à une amélioration de la cohabitation entre les différentes communautés du pays. En toute logique, la décision américaine devrait donc se solder par une nouvelle flambée de violence, comme en 2006 et 2007, après le lancement, en juin 2005, de la stratégie de transfert de la sécurité des provinces aux forces irakiennes, baptisée "Provincial Iraqi Control".

 

Le second scénario se veut plus optimiste. Il estime que la donne politique a évolué, que le Premier ministre Nouri al-Maliki s’est imposé et que le pouvoir, désormais stable, parviendra à asseoir son autorité sur l’armée. Les sept mois à venir, qui doivent conduire à l’organisation des deuxièmes élections générales du nouvel Irak, le 31 janvier 2010, donneront sans doute une première indication sur le film qui va se jouer…

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