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MEXIQUE

Législatives test pour le président Felipe Calderon

Texte par : Dépêche
3 min

Quelque 77 millions de Mexicains sont appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement, ce dimanche. Organisé à la mi-mandat du président Felipe Calderon, le scrutin a valeur de test pour le chef de l'État mexicain.

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AFP - Les Mexicains votaient dimanche à l'occasion d'élections législatives arrivant à mi-mandat pour le président conservateur Felipe Calderon, confronté à la violence des trafiquants, à une crise sévère et à la pandémie de grippe porcine.

Quelque 77 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes pour élire leurs 500 parlementaires, six gouverneurs et 568 maires.

L'explosion de la criminalité liée au trafic de cocaïne - plus de 10.000 morts depuis l'arrivée au pouvoir de M. Calderon fin 2006 - et la récession économique ont dominé la campagne, en partie éclipsée par la psychose autour du virus A (H1N1) de la grippe porcine dans ce pays considéré comme le foyer de la maladie.

Selon les derniers sondages, le Parti d'action nationale (PAN, droite catholique) dont est issu le président, pourrait perdre sa première place au Parlement, où il ne dispose que d'une majorité relative de 206 sièges.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), chassé du pouvoir en 2000 après 71 ans d'hégémonie, pourrait regagner du terrain, obtenant jusqu'à 38% des votes contre 33% pour le PAN.

Dans le même temps, rongé par les divisions internes, le Parti de la révolution démocratique, qui défend les espoirs de la gauche mexicaine, risque de passer de la deuxième à la troisième place au Parlement.

Le PAN a tenté de convaincre les électeurs en centrant sa campagne sur la politique de sécurité de Felipe Calderon, qui n'a pas hésité à avoir recours à l'armée pour lutter contre la violence des cartels, déployant sur le terrain quelque 36.000 militaires.

Cette stratégie pour faire face à la guerre entre narcotrafiquants se disputant le contrôle du marché local et de l'exportation de la cocaïne vers les Etats-Unis, obtiendrait un large soutien de la population, favorable à cette politique à 80% selon l'institut de sondages Mitofsky, en dépit de la poursuite de la violence (2.500 homicides liés au crime organisé depuis début 2009).

Le PAN a ainsi tenté de présenter chaque vote comme la marque nécessaire d'un soutien à cette politique, exhortant les électeurs à "ne pas laisser le pays entre les mains du crime organisé", et faisant porter la responsabilité de la violence au PRI accusé même de "complicité" avec les trafiquants pendant ses longues années au pouvoir.

L'argument sécuritaire ne semble cependant pas avoir suffi dans ce pays qui fait face à sa pire crise économique depuis 1995, avec une récession qui a atteint 8,2% au premier trimestre de l'année 2009.

"S'ils ont joué cette carte c'est parce qu'ils pensaient que c'était la meilleure, mais il semble que cela sera insuffisant", pronostique le politologue Antonio Crespo.

Les instituts de sondage prévoient en outre un taux d'abstention très élevé, estimant que moins d'un électeur sur deux se rendra aux urnes, signe d'un scepticisme croissant face à la classe politique de ce pays où 47% des 103 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Mais la campagne lancée à la mi-mai a surtout été éclipsée par l'épidémie de grippe porcine, qui a tué 119 personnes au Mexique.

La plupart des bureaux de vote ferment à 18H00 (23h00 GMT) et de premiers résultats partiels sont attendus après la fermeture de l'ensemble des bureaux à 20h00 (01h00 GMT).
 

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