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Rumeurs de complot au Fatah contre feu Yasser Arafat

Un cadre du Fatah accuse Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, d’avoir voulu tuer le charismatique leader palestinien (photo). Décryptage avec Bilal al-Hassan, analyste politique et ex-membre du comité exécutif de l'OLP.

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FRANCE 24 : Que pensez-vous des dernières déclarations de Farouk Kaddoumi ?

 

Bilal al-Hassan : Tout d’abord, il convient de savoir si les documents présentés par Kaddoumi aux journalistes sont authentiques. Pour le prouver, il faut connaître le lieu et la date à laquelle s'est tenue la réunion entre les personnes pointées du doigt, mais aussi l’identité de l'individu qui l’a rédigé. Personnellement, je n’ai aucun doute sur le fait qu’Arafat a été tué.

 

Ses médecins palestiniens, égyptiens et tunisiens m’ont confirmé avant son départ pour la France [Yasser Arafat a été hospitalisé à l'hôpital Percy de Clamart, en banlieue parisienne, le 29 octobre 2004, 13 jours avant son décès, NDLR] que les symptômes d'un empoisonnement étaient apparus sur son corps et sur son visage. Une autopsie a été demandée après sa mort pour en déterminer les raisons, mais rien n’a été fait. Le doute subsiste donc sur les circonstances de sa mort.

 

Cela dit - et peu importe la véracité des informations contenues dans les documents -, les accusations formulées par Kaddoumi sont politiquement très dangereuses. Elles auront des conséquences importantes sur l’unité du Fatah, dont les divisions internes sont devenues publiques.

 

 

Pourquoi Kaddoumi sort-il ces documents aujourd'hui ?

 

Il y a plusieurs raisons. Farouk Kaddoumi et Abou Mazen [Mahmoud Abbas, NDLR] ne s’entendent plus depuis longtemps. Le Fatah est divisé entre leurs partisans respectifs (ceux de Kaddoumi représentent, selon mes estimations, de 70 % à 80 % des cadres et membres du Fatah).

 

Dernièrement, par exemple, les deux camps n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le lieu où devait se tenir le congrès général du Fatah qui aura lieu le 4 août prochain [le premier depuis 1989, NDLR]. Il y a deux semaines, Abbas a réuni ses sympathisants à Ramallah, siège du quartier général du Fatah, et a décidé de tenir le congrès à Bethléem. Kaddoumi, lui, ne voulait pas le tenir en Cisjordanie, puisque elle est encore sous occupation israélienne.

 

En outre, les sympathisants d’Abbas et de Kaddoumi ne s’entendent plus sur les critères d’adhésion au Fatah depuis longtemps. Les premiers considèrent que ce sont les dirigeants qui doivent désigner ceux qui peuvent y adhérer. Les seconds s'y opposent.

  

Enfin, le programme politique qui sera débattu lors du congrès général du Fatah est un autre point de discorde entre les deux camps. Kaddoumi soutient un programme radical. Abbas est davantage favorable à la concertation.

 

 

Quels étaient les rapports entre Farouk Kaddoumi et Yasser Arafat ?

 

Kaddoumi compte parmi les derniers membres historiques du Fatah. Il fut l'un des membres fondateurs du mouvement,  dans les années soixante. Il entretenait alors une relation solide et amicale avec Abbas et Arafat. Leurs divergences sont nées au moment des accords d’Oslo, en 1993. Abbas et Arafat les ont approuvés, Kaddoumi, lui, s'y opposait.

 

Depuis, Abou Mazen ignore Kaddoumi et ne le consulte plus. À l'inverse Arafat, lui, même si les deux hommes ne s'entendaient pas particulièrement bien, continuait de lui demander son avis.

 

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