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Réseau Ergenekon : un procès politique ?

Deux ans après l'ouverture du procès sur la mort d'un journaliste turco-arménien, France 24 revient sur l'affaire Ergenekon, du nom du réseau ultranationaliste turc accusé de fomenter des attentats dans le but de renverser le gouvernement.

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En janvier 2007 le journaliste turco-arménien Hrant Dink, bête noire des nationalistes turcs, était abattu en pleine rue à Istanbul.

 

Le procès de ses meurtriers, entamé il y a deux ans, se poursuit toujours. Près de 300 personnes se sont rassemblées sur une place d’Istanbul pour saluer sa mémoire et pour réclamer la vérité sur cet assassinat qui a bouleversé la Turquie.

 

Car si le procès de ses meurtriers est toujours en cours, les véritables responsables, selon les proches de Hrant Dink, sont ailleurs.

 

"Il y a une forte probabilité pour que le meurtre de Hrant Dink soit le fait d'une organisation criminelle", explique Bawer Cakir de l’ONG turque Bianet. "Il y a beaucoup d'éléments qui nous font penser que son assassinat ne peut pas être un acte isolé. Les gens qui ont été arrêtés dans le cadre d'Ergenekon sont ceux qui ont désigné Hrant Dink comme une cible".

 

Ergenekon est le nom donné à une organisation secrète ultranationaliste soupçonnée d'avoir voulu renverser le gouvernement en organisant des attentats et des assassinats.

 

Depuis 2007, les vagues d'arrestations se succèdent en Turquie. Parmi les suspects se trouvent des militaires de haut rang ainsi que des personnalités de l'opposition.

 

La Turquie a connu 4 coups d’États militaires depuis 1960. Et la tentation du putsch existe toujours selon Ahmet Altan, journaliste et figure libérale en Turquie.

 

"Avant chaque coup d’État en Turquie il y a toujours eu une flambée de violence. C’est comme ça que procèdent les putschistes. Ils tentent de créer un niveau de chaos tel que l’armée n’a d’autre choix qu’intervenir pour ramener le calme dans le pays ", explique-t-il. "A l'intérieur de l'État turc il y a des éléments qui ont la capacité de mener le pays vers un coup d'État. Certains sont dans l'armée, d'autres autour, et Ergenekon est leur organisation principale. Ces gens sont des professionnels qui savent très bien comment préparer le terrain pour un coup d'État, à travers des meurtres et la manipulation des masses.”

 

Dans le procès qui s’est ouvert le 20 juillet, 56 personnes sont sur le banc des accusés. Parmi eux figurent des généraux à la retraite, une première en Turquie.

 

Leurs défenseurs dénoncent une offensive du gouvernement islamiste modéré pour museler les opposants au régime.

 

"Il n'y a aucune preuve concrète montrant qu'il y avait une préparation de coup d'État. Si dire ouvertement qu'on est contre les leaders islamistes c'est être un comploteur, alors moi aussi je suis un comploteur ", s’emporte Ali Riza Dizdar, avocat du général Levent Ersoz, accusé d’être l’un des cerveaux d’Ergenekon.

 

Le procès Ergenekon tente de faire la lumière sur les heures les plus sombres de l'histoire récente turque. Pour beaucoup, son aboutissement permettra d'aller vers plus de démocratie en Turquie.

 

Mais l'enquête est aussi critiquée par l'opposition nationaliste qui la juge imprécise et partiale.


 

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