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Hamid Karzaï refuse un débat télévisé avant la présidentielle

Alors qu'un débat télévisé a réuni, le 30 juillet, les candidats à la présidentielle du 20 août, le président sortant a refusé d'y participer, doutant de l'objectivité de la chaîne qui l'organise. Ses adversaires évoquent une dérobade.

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AFP - Un débat télévisé a opposé jeudi soir des candidats à l'élection présidentielle afghane du 20 août, sans le sortant Hamid Karzaï qui juge que la chaîne organisatrice manque d'objectivité, tandis que ses adversaires l'accusent de reculer à cause d'un bilan indéfendable.

Dans un communiqué, l'équipe de campagne du président candidat a déclaré que ce dernier avait été prévenu trop tard pour le face-à-face prévu sur la chaîne privée Tolo, accusée d'être "contre Hamid Karzaï".

"Le président Hamid Karzaï ne peut donc pas participer à un débat organisé par cette chaîne de télévision, au vu de sa position subjective et illégitime", ajoute le communiqué.

Le document affirme que M. Karzaï était prêt à un débat, mais seulement si celui-ci était diffusé sur toutes les chaînes de télévision et impliquait tous les candidats à la présidentielle, la deuxième de l'histoire du pays dévasté par une sanglante insurrection islamiste.

Soutenu par les Occidentaux, le président sortant est le favori du scrutin.

Les porte-parole de ses adversaires ont fustigé le refus présidentiel.

"Il n'a aucun programme pour les cinq années à venir. Sa réticence le prouve, et montre aussi qu'il est incapable de se défendre. Voilà pourquoi il ne pouvait prendre part au débat", a dénoncé Saïd Ali Razwani, chargé des relations presse pour l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, un des principaux candidats.

Pour Ajmal Abidi, porte-parole d'un autre poids lourd, l'ancien ministre de l'Economie Ashraf Ghani, "M. Karzaï a peur de faire face au Dr. Ashraf Ghani et au peuple afghan. Il n'a pas de programme, aucun plan".

MM. Ghani et Abdullah vont donc débattre seuls jeudi à 20H00 (15H30 GMT) sur Tolo, qui a invité les téléspectateurs à lui envoyer des questions.

Pour Haroun Mir, expert en politique du Centre afghan de recherche et d'études politiques, M. Karzaï se concentre sur la création d'alliances avec des personnalités influentes à travers le pays plutôt que sur la chasse aux votes individuels.

Alors que MM. Ghani et Abdullah s'impliquent fortement dans la campagne, le sortant a largement délégué la gestion de sa campagne à son équipe et n'est que très rarement apparu aux meetings organisés par ses supporters.

"Le président Karzaï ne fait pas campagne comme les autres candidats, il veut éviter toute confrontation directe car il sait que s'il prend part à ce débat, les deux autres candidats vont l'attaquer" sur son bilan, juge M. Mir.

A un mois des élections présidentielle et provinciales, les violences des insurgés afghans atteignent des records absolus depuis la chute des talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition menée par les Etats-Unis.

La plupart des 41 candidats à la présidentielle ont basé leurs programmes sur la lutte contre l'insécurité et la corruption, deux problèmes qui se sont aggravés pendant les sept années que M. Karzaï a passé au pouvoir.

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