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HONDURAS

Un des partisans du président déchu Manuel Zelaya retrouvé mort

Texte par : Dépêche
4 mn

Le corps d'un jeune homme, qui était venu attendre le président destitué Manuel Zelaya (photo) à la frontière nicaraguayenne du Honduras, a été retrouvé marqué de coups. Selon ses proches, il avait été arrêté vendredi par la police.

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AFP - Le président destitué Manuel Zelaya est revenu samedi à la frontière nicaraguayenne du Honduras, où un de ses jeunes partisans venus l'attendre a été retrouvé mort, après avoir été arrêté la veille par la police, selon ses compagnons.

Le corps du jeune homme, âgé d'environ 25 ans, abandonné près d'une plantation de café, portait des traces de coups.

Le jeune homme, venus de Tegucigalpa selon des amis qui l'ont identifié, avait été arrêté la veille alors qu'il manifestait avec des centaines d'autres partisans de M. Zelaya venus l'attendre à El Paraiso, à 10 km de la frontière, où ils étaient bloqués par la police et l'armée.

La police, qui avait lancé des grenades lacrymogènes pour contenir les manifestants, a nié avoir tué le jeune homme. Il avait bien été arrêté, mais seulement parce qu'il fumait de la marijuana, et il avait été remis en liberté, a affirmé un inspecteur.

"Pour l'erreur d'un homme, ce sont les autres qui paient", a commenté M. Zelaya à l'adresse de Roberto Micheletti, le chef du gouvernement de facto qui l'a chassé le 28 juin. Il venait d'apprendre la mort du jeune homme, en arrivant au poste frontière de Las Manos, à une centaine de kilomètres au sud-est de Tegucigalpa.

"Nous organisons la résistance", a-t-il déclaré sur place, se tenant à une centaine de mètres de la ligne de démarcation entre les deux pays.

"Nous n'avons pas peur, en avant pour les réformes sociales, pour la présidence de la République et l'expulsion des putschistes", a-t-il crié.

"Vous ne pouvez gouverner ce pays à la baïonnette, de même que je ne pourrais gouverner moi-même si nous ne trouvons pas un arrangement", avait-il déclaré dans la matinée à l'adresse du gouvernement de facto à l'antenne de la radio hondurienne Radio Globo, avant de quitter le village nicaraguayen d'Ocotal où il avait passé la nuit.

Des centaines de ses partisans sont revenus l'attendre à nouveau samedi, là où il avait effectué la veille une brève incursion en territoire hondurien, sans être arrêté comme il en est menacé.

Ils ont bravé le couvre-feu, à nouveau prolongé jusqu'à dimanche 06h00 locales (12h00 GMT), et malgré quelque 3.000 militaires et policiers déployés pour les contenir.

Le chef du régime de facto de Tegucigalpa, Roberto Micheletti, avait qualifié vendredi d'"irresponsable" la démarche de Manuel Zelaya et affirmé que s'il "rentrait au Honduras il serait, comme le veut la Constitution, arrêté par la police nationale et non par les militaires", pour trahison et corruption.

Vendredi, les forces de l'ordre avaient pourtant fait quelques pas en arrière quand M. Zelaya a pénétré sur le sol hondurien, son emblématique chapeau sur le crâne. Il avait même pu s'entretenir brièvement avec le colonel hondurien du poste-frontière.

M. Zelaya était parti jeudi de Managua, au lendemain de l'échec d'ultimes négociations entre les deux parties au Costa Rica, le gouvernement de facto refusant toujours son retour au pouvoir.

Les Etats-Unis, qui ont fermement soutenu cette médiation, ont jugé la tentative de retour au Honduras du président Zelaya "imprudente", par l'intermédiaire de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

"Elle ne contribue pas à l'effort général engagé pour rétablir la démocratie et l'ordre constitutionnel au Honduras", a estimé la chef de la diplomatie américaine, appelant M. Zelaya à "accepter" les dernières propositions du médiateur costaricien Oscar Arias, présentées mercredi.

Un porte-parole du département d'Etat a par ailleurs indiqué que le président évincé avait l'intention de se rendre une nouvelle fois à Washington mardi pour des discussions avec l'administration américaine.
 

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