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ISRAËL

Un centre de la communauté gay à Tel Aviv attaqué, deux morts

Texte par : Dépêche
3 min

Un homme a ouvert le feu samedi soir dans un centre pour jeunes homosexuels de Tel Aviv. Deux personnes, un homme et une femme, sont mortes sur le coup. Le ministre de la Sécurité intérieure évoque une attaque homophobe.

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AFP - Deux personnes ont été tuées et 11 blessées samedi soir par des tirs d'un inconnu devant un centre de la communauté homosexuelle à Tel Aviv, selon un nouveau bilan des services d'urgence, qui avaient auparavant fait état de 3 tués.

Un jeune homme et une jeune femme ont été tués sur le coup. Trois autres personnes ont été grièvement blessées. Le décès de l'une d'entre elles a été annoncé par erreur dans la nuit par les services hospitaliers.

Un inconnu au visage masqué et vêtu de noir a ouvert le feu à l'arme automatique sur un attroupement de jeunes de la communauté de gays et lesbiennes à l'entrée du centre, situé à l'angle des rues Ahad Haam et Nachmani, au coeur de Tel Aviv, avant de prendre la fuite, selon des témoins.

Dans la nuit, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Tel Aviv pour dénoncer cette attaque. Un député d'opposition de gauche, Nitzan Horowitz du parti Meretz, a proclamé que "notre communauté (homosexuelle) ne se laissera pas effrayée, elle affrontera la tête haute et avec fierté tous ceux qui la menacent, à la guerre nous répliquerons par la guerre".

La police de son côté a imposé un black out total sur les détails de l'enquête.

"Nous n'en sommes qu'au premier stade de l'enquête, nous poursuivons les recherches et nous ne sommes pas certains du motif de cette attaque, le centre n'ayant pas reçu récemment de menaces", a déclaré le chef de la police de Tel Aviv, le commandant Shahar Ayalon.

Il a cependant décidé la fermeture samedi soir d'un des bars homosexuels voisins en guise de précaution et demandé à tous ces établissements de se montrer particulièrement vigilants.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, a estimé pour sa part que l'attentat avait des motifs homophobes et a promis que la police ferait tout pour arrêter le coupable, rapporte la radio militaire.

Des représentants de la communauté homosexuelle se sont déclarés convaincus qu'il s'agissait bien d'une attaque homophobe, rappelant que dans le passé des croix gammées avaient été peintes à l'entrée du centre pour stigmatiser les homosexuels.

"Pas étonnant qu'un crime pareil puisse être commis, compte tenu de l'incitation à la haine contre la communauté homosexuelle", a déclaré aux journalistes le président de la communauté des gays et lesbiennes à Tel Aviv, Maï Pelem, faisant référence aux dénonciations virulentes de l'homosexualité par les milieux religieux.

"Dans nos pires cauchemars nous n'aurions imaginé que la haine contre notre communauté qui ne fait de mal à personne aille si loin", a renchéri le président de l'association nationale des gays et des lesbiennes en Israël, Mike Hamel.

Si l'enquête confirme la motivation homophobe, il s'agirait de l'agression la plus grave jamais commise en Israël contre des gays et des lesbiennes.

En 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride. Il avait par la suite été condamné à 12 ans de prison.

Contrairement à Jérusalem, Tel Aviv à la réputation d'être une cité très libérale du point de vue des moeurs.

Malgré l'hostilité que l'homosexualité, surtout masculine, suscite dans les cercles religieux en Israël - qui la considèrent comme une "abomination" -, elle n'est plus passible de sanctions pénales depuis 1988 et certains droits des couples gays ou lesbiens sont depuis lors reconnus par les tribunaux.

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