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FRANCE

Alliot-Marie veut une meilleure prévention contre le suicide en prison

Texte par : FRANCE 24 avec dépêches
3 min

La garde des Sceaux veut travailler sur la prévention et la protection des détenus les plus fragiles pour enrayer le nombre croissant de suicides en prison. Lundi, un détenu a été retrouvé pendu aux Baumettes.

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Lundi, un détenu a été retrouvé pendu à la prison des Baumettes, à Marseille. Ce suicide porte à 75 le nombre de suicides dans les maisons d’arrêt françaises depuis le début de l’année, selon la Chancellerie. Plusieurs associations évoquent un chiffre plus élevé, entre 88 et 92.

Associations et pouvoir publics, qui peinent à s'entendre sur les chiffres, constatent, en revanche, une augmentation des suicides de détenus par rapport aux années précédentes. En 2008, 115 détenus s’étaient donné la mort, contre 96 en 2007, selon le ministère de la Justice.

Un rapport sur ce thème, commandé le 7 août, a été remis, ce mardi, à la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. La garde des Sceaux s'est ensuite rendue à la maison d’arrêt d’Orléans (Loiret), où elle a annoncé une série de mesures centrées principalement sur la prévention et la protection des détenus fragiles.

 

Concrètement, les détenus susceptibles d'attenter à leurs jours se verront remettre des draps et couvertures indéchirables, des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, et des matelas anti-feu. Les personnels seront également formés pour détecter les tendances suicidaires des détenus.


La présidente de l’Observatoire international des prisons (OIP), l’ancienne journaliste Florence Aubenas, estime que la remise de ce rapport ne "changera pas grand-chose". L’OIP préconise de conférer au contrôleur général des lieux de privation de liberté, nommé il y a un an, un "pouvoir d’injonction". Pour le moment, "il donne des conseils, mais on fait ce qu’on veut de ces conseils", a expliqué Florence Aubenas sur les ondes de RTL, la semaine passée.

Une circulaire "enterrée"

Le 15 juin, la Chancellerie, dirigée alors par Rachida Dati, avait publié une circulaire sur la prévention du suicide en détention, rédigée à partir des conclusions d’une commission présidée par le médecin Louis Albrand. Mais le président avait boycotté la remise de ce document. Le médecin estimait que le texte avait été "enterré parce qu’il ne plaisait pas à l’administration pénitencière". Aujourd’hui, le médecin tient sa revanche : les mesures annoncées par Michelle Alliot-Marie ce mardi figuraient dans ce rapport, remis en avril dernier.

Louis Albrand, qui appelle à la tenue d’états généraux sur le suicide en détention, a annoncé, lundi, la création d’un groupe de réflexion indépendant composé d’anciens ministres, d’intellectuels et de magistrats. Ce groupe pourrait rendre ses conclusions en octobre.

Sur Europe 1, Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Justice, a expliqué que le gouvernement réfléchissait à "un suivi personnalisé" des détenus pour enrayer le phénomène.

Prisons surpeuplées

Spécialistes et syndicats de gardiens mettent en cause la surpopulation carcérale. Une explication contestée par le ministère de la Justice à l’époque de Rachida Dati. Au 1er août, on comptait 62 420 détenus pour une capacité de 52 741 places. Actuellement, un projet de loi en instance au Parlement prévoit de favoriser les libérations anticipées et aménagements de peines.

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