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La Commune 13 sous le joug des gangs de Medellin

En proie aux règlements de comptes quotidiens entre narcotraficants et bandes de jeunes, Medellin est le théâtre de violences qui ne cessent de détériorer l'image déjà bien écornée d'une ville en quête de réhabilitation.

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Nichée sur les hauteurs de Medellin, la Commune 13, où s'entassent plus de 100 000 habitants, est un quartier populaire comme il en existe beaucoup d’autres en Colombie. Parmi les habitants, nombreux sont ceux qui ont fui les combats qui sévissent dans les campagnes du pays, pensant trouver la tranquillité dans ces maisons suspendues aux montagnes de la deuxième ville du pays. Mais les narcotrafiquants en ont décidé autrement. Et la présence militaire quotidienne ne semble pas troubler ces adolescents à peine pubères.

 

Des bandes de jeunes s’insultent d’une colline à l’autre et les coups de feu retentissent sans troubler les enfants qui jouent dans les rues escarpées du quartier. La mort est devenue un spectacle banal. Les bandes armées, qui se disputent le contrôle des territoires à coups de pistolet, sont le quotidien de ses milliers d’habitants qui assistent impuissants à ce funeste spectacle. Un jeune homme ensanglanté gît au milieu de la rue. Faisait-il partie d’une des bandes ? Etait-il une victime innocente ? Personne ne le sait ou ne veut le savoir. Seuls quelques enfants autour du périmètre de sécurité installé par la police, tout juste arrivée sur les lieux du crime, semblent touchés. Certains se cachent les yeux ou détournent le regard, mais la plupart semblent fascinés par cette violence qui ronge cette partie de la ville.

 

Une guerre sans merci

 

Capitale économique et industrielle de la Colombie, Medellin a considérablement diminué son taux d’homicide depuis 2003 et tente de se forger une image de ville propre, souhaitant de nouveau attirer les touristes en faisant table rase du passé et de sa réputation sulfureuse. Mais l’image du célèbre parrain des années 1970, Pablo Escobar, est toujours dans les têtes et la jeune génération semble prête à relever le défi. L’enjeu est important : le pays produit encore 700 tonnes de cocaïne chaque année et le marché local de Medellin rapporterait plus de 3 millions d’euros par mois.

 

En effet, depuis la mort du charismatique parrain du cartel, la mafia est divisée et les nouveaux parrains, bien que plus discrets que leur idole, n’en sont pas moins cruels et prêts à livrer une guerre sans merci pour le contrôle de la ville.

 

Et la main d’œuvre y est abondante. On compte désormais plus de 150 bandes, soit plus de 4 000 jeunes prêts à tuer pour quelques pesos ou quelques grammes de cocaïne. Les enjeux de cette bataille les dépassent, mais ils ne sont pas dupes. Ils savent qu’ils livrent une guerre qui n’est pas la leur mais ils se défendent d’être des pantins : "On peut dire qu’ils nous utilisent […] mais d’un autre côté, ils essaient de nous aider." Ainsi, les narcotrafiquants utilisent ces adolescents âgés en moyenne entre 17 et 22 ans pour faire le sale boulot et leur offrent, en échange, une vie facile mais très souvent écourtée. Medellin compte sept assassinats par jour, presque deux fois plus qu’en 2008.

 

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