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Washington gèle une nouvelle part de son aide destinée au pays

Le département d'État américain intensifie sa pression sur les autorités du Honduras arrivées au pouvoir à la faveur du putsch du 28 juin dernier. Washington a gelé 15 millions de dollars d'aides supplémentaires destinés au pays.

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AFP - Les Etats-Unis ont décidé jeudi de suspendre une nouvelle tranche de leur aide économique au Honduras, dirigé par un régime de fait depuis le coup d'Etat du 28 juin, a annoncé le département d'Etat.

"Nous augmentons la pression et nous envoyons un message très clair : leur stratégie ne marchera pas", a affirmé Philip Crowley, le porte-parole de rang le plus élevé de la diplomatie américaine.

M. Crowley a accusé le gouvernement de fait de Roberto Micheletti de "jouer la montre" jusqu'au terme prévu pour la fin du mandat du président déchu Manuel Zelaya.

"Le statu quo est inacceptable", a-t-il insisté.

Les Etats-Unis ont désormais gelé quelque 30 millions de dollars, dont 9,4 millions au titre de l'organisation USAID, 11 millions USD fournis par le MCC (Millenium Challenge Corporation), un programme lancé par l'ex-président George W. Bush qui lie l'aide économique à la bonne gouvernance, et près de 9 millions de dollars d'aide militaire. La moitié du total de cette somme était déjà suspendue depuis début juillet.

L'aide a été "supprimée" par une décision de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui pourra la rétablir de sa propre initiative dès qu'elle jugera la situation rétablie.

Mme Clinton, qui recevait jeudi le président déchu Manuel Zelaya, a justifié ce nouveau pas par le refus de régime de fait "de rétablir les règles démocratiques et constitutionnelles au Honduras", selon un communiqué envoyé un peu plus tôt par le porte-parole Ian Kelly.

Le Honduras avait été le premier pays à signer en 2005 un accord définitif avec le MCC, d'un montant de 215 millions de dollars sur cinq ans.

Le président déchu avait exhorté mercredi l'administration Obama à renforcer les sanctions contre le régime de fait à Tegucigalpa et à qualifier la prise de pouvoir de M. Micheletti de coup d'Etat militaire.

L'administration Obama parle certes de coup d'Etat, mais sans y ajouter le qualificatif "militaire". Si elle le faisait, Washington serait dans l'obligation légale de suspendre toute aide au pays d'Amérique centrale.

Les Etats-Unis jugent encore que l'élection prévue en novembre doit être organisée de façon "libre, juste et transparente" et doit aussi "permettre à tous les Honduriens d'exercer leurs droits".

"En l'état actuel, nous ne pourrions pas soutenir le résultat des élections prévues", prévient Washington, en appelant à "une conclusion positive" des démarches entreprises par le président du Costa Rica Oscar Arias.

Le gouvernement de fait de Roberto Micheletti, qui a renversé M. Zelaya par la force, refuse le point central du projet d'"Accord de San José", avancé par M. Arias en juillet: le retour au pouvoir du président déchu, à la tête d'un gouvernement d'union nationale.

M. Zelaya, qui dit accepter ce compromis, a été exhorté jeudi à le signer par Mme Clinton.

A Tegucigalpa, la mesure annoncée par les Etats-Unis a été jugée "sans aucun doute peu amicale".

"Nous regrettons qu'un gouvernement ami ait pris la décision de se ranger dans le camp (du président vénézuélien Hugo) Chavez", a déclaré le ministre de la présidence du régime de fait, Rafael Pineda Ponce, à la station de radio HRN.
 

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