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Limogeage du chef du Parti communiste de la ville d'Urumqi

L'organe du Parti communiste chinois de la région autonome du Xinjiang a décidé de limoger le responsable du parti de la ville d'Urumqi, ainsi que le chef de la police de la région, théâtre de violentes manifestations jeudi et vendredi.

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REUTERS - Urumqi, chef-lieu de la province chinoise du Xinjiang, a renoué samedi avec un calme précaire, sous la garde de plusieurs milliers de militaires qui ont encore fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation.

 

La ville de l'extrême Ouest, déjà en proie début juillet à des troubles très meurtriers, reste sous haute sécurité après trois jours de manifestations qui ont fait cinq morts, selon le bilan officiel.

 

Commerces, transports en commun et entreprises renouent peu à peu avec le quotidien, sous le regard de troupes anti-émeutes chargées pour l'essentiel de tenir les membres de la communauté han, majoritaire en Chine, à distance des ouïgours turcophones et musulmans.

 

Les manifestants dispersés samedi, visiblement des Hans, s'étaient rassemblés devant le siège des autorités provinciales, comme le montrent les images diffusées par une chaîne de télévision hongkongaise.

 

L'agence de presse Chine nouvelle rapporte par ailleurs que Li Zhi, chef de file du Parti communiste à Urumqi, et Liu Yaohua, directeur du Département de la Sécurité publique régionale autonome du Xinjiang, ont été limogés.Liu Yaohua a été remplacé par Zhu Changjie, chef du parti de la préfecture d'Aksu, dans le Xinjiang, précise l'agence.

 

Les forces de l'ordre avaient déjà fait usage de gaz lacrymogène, vendredi, contre des Hans qui réclamaient la démission du responsable local du Parti communiste après une mystérieuse vague d'agressions à la seringue imputée à des Ouïgours.

 

De nouvelles agressions ont été signalées samedi. Plusieurs dizaines de Hans rassemblés dans le centre d'Urumqi ont par ailleurs reprochés à la police d'avoir emmené un Ouïgour qu'ils accusent d'avoir poignardé un enfant.

 

A moins d'un mois du 60e anniversaire de la République populaire de Chine, qui sera célébré le 1er octobre, Pékin évoque un complot des séparatistes ouïgours.

 

"Les saboteurs pourraient préparer davantage de perturbations pour créer un sentiment d'insécurité alors que la Nation est en plein compte à rebours avant les cérémonies du 60e anniversaire", écrit l'éditorialiste du China Daily.

 
Droit de riposte
 

Les émeutes ethniques du 5 juillet avaient fait 197 morts, des Hans pour la plupart. Leur communauté s'était vengée deux jours plus tard en attaquant des quartiers ouïgours.

 

Sentant faiblir le soutien des Hans, devenus majoritaires dans la région, Pékin a envoyé à Urumqi le ministre de la Sécurité publique, Meng Jianzhu, qui a rencontré le chef du PC régional et les responsables de la police. Il les a exhortés à "rétablir l'ordre public aussi vite que possible".

 

"Les attaques à la seringue des derniers jours sont la poursuite des incidents du 5 juillet. Elles visent à briser la cohésion ethnique et à semer la discorde dans la Mère Patrie", affirme-t-il samedi dans les colonnes du Quotidien du peuple.

 

Les habitants ouïgours d'Urumqi, devenus minoritaires, se disent victimes de la panique qui s'est emparée de la ville il y a une semaine quand le gouvernement local a mis en garde contre un risque d'attaques à la seringue.

 

"Regardez comment les forces de sécurité permettent aux Chinois de manifester. Si un Ouïgour fait quoi que ce soit, tout citoyen chinois peut appeler la police", affirme un homme prénommé Ali, détenu pendant 48 heures, fin juillet.

 

Mais les services de sécurité, longtemps accaparés par les séparatistes, doivent maintenant garder un oeil attentif sur les Hans. Jusqu'ici jugés fidèles aux autorités, ils leur reprochent aujourd'hui de ne pas être en mesure de les protéger. Certains revendiquent même un droit de riposte.

 

"Le 5 juillet, les Ouïgours ont pu saccager comme ils l'ont voulu, mais nous, les troupes sont intervenues avant même que nous puissions faire quelque chose. Ils devraient au moins nous laisser tuer quelqu'un puis nous arrêter", lance un commerçant chinois prénommé Du.

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